Logifare – Moselle : dix jours de grève

08 Mai 2018

Commencée à l’occasion de la journée interprofessionnelle du 19 avril à la suite d’un débrayage d’un secteur de l’usine, la grève s’est poursuivie pendant dix jours chez Logifare, filiale de la multinationale spécialisée en logistique Katoen Natie.

Une cinquantaine de salariés, sur les 154 que compte le site de Moselle, ont tenu bon malgré les intimidations du tribunal leur demandant de lever le blocage, se réunissant tous les jours et multipliant les actions pour informer la population.

La direction a été contrainte de rencontrer les grévistes, leur proposant 1 % au bout d’une semaine, puis 2 % d’augmentation à la fin du conflit. Même si la grève n’a pas permis d’atteindre les 5 % revendiqués, elle a permis aux salariés de se retrouver collectivement pour mettre en avant leur refus des conditions de travail, en particulier la modulation quasi quotidienne des horaires et l’absence de prise en compte de la polyvalence dans leur rémunération. Il faut dire que, dans cette entreprise de logistique, les salaires dépassent à peine le smic sur des postes polyvalents où il faut jongler entre les différentes activités d’emballage de DVD pour Disney et Warner, de stockage de produits chimiques pour l’usine Total de Carling toute proche, voire de lavage de citernes de camions.

Le groupe Katoen Natie est la propriété du milliardaire belge Fernand Huts, qui se distingue régulièrement pour son arrogance de grand patron. Il a fait parler récemment de lui en tant que propriétaire de sociétés offshore lui permettant de dissimuler dans divers paradis fiscaux sa fortune colossale, et c’est en toute discrétion qu’il empoche pour s’enrichir les subventions de l’État et des collectivités locales : prise en charge par la communauté de communes des frais de rénovation de la citerne incendie du site de Logifare à hauteur de 60 000 euros, sans parler des dizaines de milliers d’euros encaissés au titre de la prime d’aménagement du territoire sans créer un seul emploi, aux dires mêmes d’un rapport ministériel.

Malgré son assurance au début de la grève, après dix jours de mobilisation des salariés, la direction de l’entreprise a bien dû en rabattre. Au-delà des 2 % récupérés dans les poches du patron, c’est bien ce sentiment de s’être fait entendre qui a marqué les esprits de tous, grévistes et salariés solidaires de la grève compris.

Correspondant LO