Smovengo : les travailleurs de Vélib’ à nouveau mobilisés

02 Mai 2018

Depuis le 17 avril, 85 % de la centaine de travailleurs de Smovengo, soutenus par la CGT et SUD, sont en grève et bloquent les accès de deux dépôts de cette société, à Alfortville dans le Val-de-Marne et Villeneuve-la-Garenne dans les Hauts-de-Seine. Ils devaient manifester devant la mairie de Paris jeudi 3 mai.

Smovengo est l’exploitant qui a pris la suite de Cyclocity, filiale de JC Decaux, et gère depuis le début de l’année les vélos en libre-service à Paris. L’arrivée du nouveau Vélib’ a été marquée par une série de problèmes de fonctionnement. Et d’abord pour les travailleurs qui assuraient le service avant le changement d’exploitant. Ceux-ci avaient dû entrer en lutte pour ne pas perdre les droits et l’ancienneté acquis avec JC Decaux.

Les grévistes dénoncent de mauvaises conditions de travail et des rémunérations insuffisantes. La prime de panier par exemple, qui était de 12 euros, est tombée à 5,75. Et surtout ils exigent une augmentation des salaires des week-ends, des jours fériés et de nuit. 70 % de ces travailleurs travaillent de nuit pour seulement 10 % de plus. Or, du temps de Decaux, les heures de nuit étaient majorées à 45 %. C’est ce qu’exigent les grévistes, ainsi que la majoration à 100 % des dimanches et jours fériés.

Quant aux conditions de travail, le matériel ne suit pas. Plus de la moitié des vélos sont inutilisables, les camions qui permettent leur transfert ne sont pas entretenus et certains locaux n’ont plus d’éclairage depuis deux mois.

C’est d’autant plus inadmissible que Smovengo n’est pas une petite start-up montpelliéraine, comme elle est présentée. Elle dépend de puissants groupes capitalistes : Moventia, groupe espagnol de transport, Indigo (ex Vinci-Park), le n°1 français du parking, et Mobivia (ex-Norauto) leader de l’entretien automobile et gros vendeur de vélos électriques. Ces groupes sont prêts à tout pour acquérir de nouveaux marchés, mais sans y mettre le prix et en surexploitant les salariés. Et ce sont les travailleurs, et les usagers, qui en subissent les conséquences.

Mais mauvaises conditions de travail et rémunérations à la baisse ont mis le feu aux poudres. Pour le moment, la direction de Smovengo a proposé aux grévistes… 27 centimes d’augmentation du chèque-déjeuner, tout en faisant appel à des intérimaires pour remplacer les grévistes. Exactement ce qu’il faut pour aiguiser la colère des travailleurs en lutte !

Jacques FONTENOY