Rassemblement unitaire à gauche : aucun débouché pour les travailleurs

02 Mai 2018

À l’occasion du « meeting unitaire en soutien aux luttes sociales », organisé le 30 avril par différentes organisations comme le PCF, le NPA, Générations, EELV, Nouvelle donne, etc., Pierre Laurent, secrétaire du PCF, a multiplié les déclarations sur la nécessité de « reconstruire une perspective unitaire à gauche ».

Le PCF se veut le chef de file de ces rassembleurs, cherchant à apparaître comme loin des considérations politiciennes. « Il faudra chercher à moins dessaisir les acteurs des mouvements sociaux, les gens qui agissent sur le terrain », a déclaré Pierre Laurent, pour bien montrer son respect des travailleurs en lutte, sans pour autant expliquer quand les travailleurs ont pu « être dessaisis de leurs luttes ». Certes, des travailleurs de différents secteurs étaient invités à s’exprimer lors de ce meeting. Et le fait que des partis politiques organisent des meetings ou des manifestations de soutien aux cheminots en lutte n’a rien de choquant, au contraire.

Mais pour le PCF, comme pour Hamon, qui était invité mais s’est désisté au dernier moment, comme pour Mélenchon qui préfère des initiatives concurrentes, l’objectif est de reconstituer une unité à gauche qui serait, à leurs yeux, un débouché politique.

Quand Pierre Laurent dit :« Il faut reconstruire une perspective unitaire », il exprime clairement que la seule perspective qu’il propose se situe sur le terrain électoral. Vouloir construire un front allant du NPA à Hamon revient à faire croire que les partis comme le PS ou le PCF ou EELV, qui depuis des décennies gouvernent contre les travailleurs, peuvent représenter une solution dans l’avenir. Les politiciens qui affirment vouloir offrir un « débouché politique aux luttes » cherchent en fait à fabriquer le prochain François Hollande qui dira la main sur le cœur, avant les élections, que son ennemi est la finance, ou la réforme de la SNCF, ou l’attaque contre le Code du travail, et qui gouvernera pour le grand patronat, une fois élu. Cela revient aussi à dire que les travailleurs en lutte ne peuvent trouver de solution par eux-mêmes, mais que leur sort dépend de l’existence d’un gouvernement de gauche à leur écoute. Alors qu’un tel gouvernement n’a jamais existé.

Loin de ce jeu politique, les travailleurs ont tout intérêt à développer au contraire la conscience que seules leurs luttes déterminées et collectives peuvent changer la donne, faire reculer le gouvernement et le patronat. Au lieu de chercher à envoyer encore des ministres gérer la société bourgeoise, le seul « débouché politique » utile consiste à contester l’exploitation, le pouvoir de la bourgeoisie, à vouloir détruire le système capitaliste et pas seulement le gouvernement Macron.

Marion AJAR