La dette : un prétexte utilisé contre les cheminots

02 Mai 2018

La dette de la SNCF est invoquée pour tenter de justifier la nécessité de la suppression du statut des cheminots. Pourtant, ceux-ci ne sont en rien responsables de cette dette qui s’élève aujourd’hui à quelque 50 milliards d’euros.

Si elle a atteint de tels sommets, c’est parce que les gouvernements successifs, ceux qui ont décidé le développement des lignes à grande vitesse (LGV) dans les années 1980 et ceux qui ont suivi, ont payé le prix fort aux Bouygues, Dumez et autres grands capitalistes. Et ceux-ci ont construit les LGV à des prix exorbitants et surévalués. Les intérêts de cette dette continuent à engraisser les banquiers aux dépens des caisses de l’État. En quoi les cheminots sont-ils responsables de cela ? En rien

Il n’empêche, même les syndicalistes font mine de prendre très au sérieux cette idée qu’il faudrait réformer la SNCF parce qu’un retraitement de la dette est indispensable. Philippe Martinez, secrétaire national de la CGT, interrogé le matin du 1er mai par BFM TV, expliquait en substance que l’État devait reprendre la dette et que cela faisait partie des points que la CGT entendait mettre sur la table des négociations le 7 mai prochain. Mais négocier quoi ? De toute façon, la dette de la SNCF est et continuera d’être à la charge de l’État. En revanche, ce que l’on voit se dessiner, c’est la possibilité pour les leaders syndicaux d’obtenir un petit quelque chose quant à ce « retraitement de la dette » afin de pouvoir le présenter comme un recul justifiant l’arrêt du mouvement et la reprise du travail.

C’est un piège ! Par leur grève, les cheminots veulent interdire la dégradation de leurs conditions de travail, de salaire, de vie. Cela n’a rien à voir avec les micmacs financiers entre l’État et la SNCF, d’autant que l’État sait très bien vivre à crédit, avec des dettes qui abondent les bénéfices des financiers. Aux cheminots de ne pas vendre leur mouvement, leur force, leur détermination pour l’os que le gouvernement finira peut-être par lancer aux dirigeants des centrales syndicales.

Lucienne PLAIN