Espagne : vive la lutte des femmes

02 Mai 2018

La sentence prononcée contre ceux qui se sont baptisés la « meute » (la manada) et qui, lors de fêtes de Pampelune en 2016, avaient, à cinq, agressé sexuellement une jeune femme de 18 ans, a déclenché une spectaculaire vague de protestation et de colère dans toute l’Espagne.

Le tribunal a osé retenir comme motif de condamnation celui d’« abus sexuel » et non celui d’agression sexuelle par viol, passible de plus lourde peine. Ce déni de justice a été ressenti comme une provocation intolérable dans tout le pays. À Madrid, Barcelone, Saragosse, Séville, Valence, Bilbao, Grenade, Cadix, La Corogne ou Palma, et dans d’autres villes, ce sont au total des millions de personnes, des femmes surtout, mais des hommes aussi, qui ont manifesté leur indignation en dénonçant non seulement la barbarie des violeurs, mais aussi la complaisance des juges, et par-delà, celle des autorités plus que tolérantes, pour ne pas dire complices de tels jugements.

Il y a un peu plus d’un mois, à l’occasion de la journée des droits des femmes du 8 mars, diverses associations de femmes avaient organisé une grève des femmes largement suivie. D’immenses manifestations avaient rassemblé au total plusieurs millions de femmes et d’hommes dans toutes les grandes villes du pays. Elles protestaient contre les inégalités dont elles sont victimes. Elles sont en effet les premières touchées par les licenciements et les bas salaires et ont osé faire grève massivement pour crier leur volonté de changer leur sort et celui de leur famille.

Les combats que toutes ces femmes mènent aujourd’hui sont un début. Ils ouvrent la voie aux luttes et aux protestations des hommes, des femmes, des jeunes des classes populaires victimes de l’exploitation et des oppressions qu’elle engendre.

Henriette MAUTHEY