Versailles : c’est pas la vie de château !25/04/20182018Journal/medias/journalnumero/images/2018/04/2595.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Versailles : c’est pas la vie de château !

Jeudi 19 avril, les agents du château de Versailles étaient en grève, à l’appel de plusieurs syndicats.

Versailles, c’est plusieurs centaines d’agents, dépendant du ministère de la Culture, qui surveillent, entretiennent et font vivre le château, le musée et les jardins : gardiens, magasiniers, jardiniers, agents de sécurité, pompiers, agents administratifs, artisans d’art, intermittents du spectacle.

Au château, comme dans tous les services publics, la colère s’accumule depuis des années : non-remplacement des départs en retraite, recours aux CDD et contrats précaires. On compte aujourd’hui 150 contractuels et 100 à 300 agents saisonniers ou occasionnels pour 600 fonctionnaires titulaires. Comme dans de nombreux secteurs de la fonction publique, les salaires sont très faibles : un agent de catégorie C commence avec à peine plus de 1 200 euros net. Dans les métiers d’art, beaucoup d’agents font leur métier avec passion, et la direction en profite pour leur en demander toujours plus avec moins de moyens.

Les réorganisations se succèdent, imposées par en haut, et accentuent la désorganisation. Aux agents, on met la pression pour faire des économies de bouts de chandelle mais, sur certains postes, l’argent coule à flots. Les rénovations sont faites par des architectes à la mode, qui prennent fort cher pour des résultats pas toujours heureux, malgré les avertissements des agents. Ainsi, un magnifique parquet en métal... glissant et conducteur ! Dans un lieu qui accueille des milliers de visiteurs chaque année, les agents se demandent comment ils vont bien pouvoir utiliser un défibrillateur sur ce carrelage ! Mais la direction ne voit pas le problème... Les Amis du musée, ces riches mécènes qui se font un coup de pub tout en baissant leurs impôts, sont gratifiés de spectacles privés plusieurs fois par an, aux frais de la princesse bien sûr !

À la suite d’une assemblée générale nombreuse et dynamique, les agents ont voté la grève et la fermeture du château. Les touristes massés devant les grilles donnaient une certaine ambiance dans ce haut lieu de la monarchie, mais aussi de la Révolution française ! Les blagues fusaient d’ailleurs sur le thème : « Macron se prend pour le roi Soleil », « Ils ne nous auront pas en nous lançant des miettes de brioche ».

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