Universités : la sélection, c’est toujours non

25 Avril 2018

La mobilisation se poursuit dans de nombreuses universités contre la loi ORE (orientation et réussite des étudiants) et le nouveau système de répartition des bacheliers dans les universités, Parcoursup.

Cette réforme aggravera la sélection à l’entrée de l’université, car les dossiers des lycéens seront désormais classés par les universités ; et comme le nombre de places est insuffisant, ceux qui seront mal classés finiront par être refusés. Le manque de places à l’université n’est pas un problème nouveau, mais il va en s’aggravant : selon les derniers chiffres du ministère, 810 000 lycéens se sont inscrits sur Parcoursup, contre 760 000 en 2017 sur l’ancienne plate-forme APB. Pour ces 50 000 jeunes supplémentaires, la ministre de l’Enseignement supérieur a annoncé l’ouverture de 20 000 nouvelles places. Même si cela se vérifiait, ce serait très insuffisant. Mais de toute façon, pour l’instant, la ministre s’est contentée d’avancer le chiffre de 13 millions d’euros pour les financer (environ 0,06 % du budget de l’enseignement supérieur et de la recherche), sans s’engager à rien en termes de création de locaux et de postes d’enseignants et de personnels administratifs.

Depuis plusieurs semaines, des assemblées générales et rassemblements ont lieu dans de nombreuses universités du pays, pour réclamer le retrait de la loi ORE et l’augmentation des moyens dans les universités. Si le mouvement reste pour l’instant minoritaire et ne suit pas le même rythme partout, la journée d’action du 19 avril a marqué un progrès, avec des cortèges étudiants plus nombreux que lors des manifestations précédentes. À Paris, Lyon ou encore Rennes, ils formaient des groupes dynamiques aux côtés de ceux des cheminots en grève. Le mouvement a même touché des écoles sélectives, comme Sciences Po Paris, l’école qui a formé Macron, occupée pendant quelques jours. Du côté des enseignants aussi, nombreux sont ceux qui s’opposent à la loi et dénoncent le manque de moyens et d’effectifs ; certains refusent d’effectuer le classement des candidatures et se joignent à la mobilisation étudiante.

Le gouvernement, tout en envoyant CRS et gendarmes évacuer violemment plusieurs sites occupés, espère que les vacances et l’approche des examens feront faiblir la mobilisation. Mais ces manœuvres n’entament pas la détermination des étudiants mobilisés, qui cherchent à étendre le mouvement dans la perspective des manifestations du 1er mai et de la journée de grève appelée par plusieurs syndicats dans l’Éducation nationale le 3 mai.

Claire DUNOIS