Tunisie : les enseignants en grève

25 Avril 2018

Depuis mardi 17 avril, les enseignants du secondaire sont en grève dans plusieurs villes de Tunisie. Ils ont massivement cessé les cours à l’appel de la Fédération de l’enseignement de l’UGTT et ont manifesté devant les délégations régionales de l’enseignement.

Leurs revendications concernent la revalorisation des primes, la possibilité de partir en retraite à 55 ans au lieu de 60 ans minimum, mais aussi l’amélioration de leurs conditions de travail. Ils dénoncent la vétusté des établissements scolaires et le manque de matériel, qu’ils doivent parfois fournir eux-mêmes. Deux journées de grève avaient déjà été très suivies en février et en mars, sans autre réaction du gouvernement que des menaces. Mais la détermination des professeurs est intacte, et leur colère est à l’image de celle accumulée dans le reste de la population.

En janvier dernier, des manifestations avaient eu lieu dans de nombreuses villes sur la côte et dans le centre du pays pour protester contre le chômage et les hausses des prix. Ces luttes avaient été déclenchées à la suite de l’annonce de la loi de finances et des mesures d’austérité consécutives : économies dans les services publics, privatisations, augmentation de la TVA et d’autres impôts, hausse des prix du gaz, de l’électricité et de produits alimentaires de base.

Le gouvernement d’alliance du parti de droite Nidaa Tounès et du parti islamiste Ennahda applique servilement les injonctions de la Banque mondiale et du FMI, et compte faire payer la population pour que les banques touchent leurs intérêts et que les capitalistes occidentaux comme la bourgeoisie tunisienne puissent faire leurs affaires comme devant.

La population laborieuse – chômeurs, employés des services publics, ouvriers – ne pourra compter que sur ses luttes pour arracher de quoi vivre dignement.

Gaëlle Regent