SNCF : les grévistes déterminés

25 Avril 2018

Le Premier ministre, Edouard Philippe, a accepté d’entamer directement des discussions avec les organisations syndicales le 7 mai. Ce n’est en aucun cas le commencement d’un recul, mais c’est l’aveu qu’il est aujourd’hui dans l’incapacité de mettre fin au mouvement de grève des cheminots. Après trois semaines, celui-ci reste solide et déterminé.

La presse et la direction de la SNCF ont tenté la désinformation en parlant d’un essoufflement de la grève le 18 avril. Mais elles prenaient leurs désirs pour des réalités, car dès le lendemain, jour de la manifestation interprofessionnelle, d’après les chiffres de la SNCF, le nombre de grévistes remontait même au-dessus de la semaine précédente.

Les 23 et 24 avril, nouvelles journées dans le calendrier syndical de deux jours sur cinq, le nombre de grévistes, restait important, en particulier chez les conducteurs avec 63,4 % de grévistes, et plus d’un contrôleur sur deux. À l’exécution (hors maîtrise et encadrement), 27 % des cheminots étaient en grève à l’échelle nationale et plus de 50 % dans plusieurs régions.

La proportion de cheminots dans le mouvement est en réalité encore bien plus large : dans de nombreux secteurs, des cheminots choisissent de ne participer qu’à certaines journées parmi celles du calendrier. Mais les mêmes se sentent partie prenante du mouvement et seront à nouveau grévistes.

Autre signe de vitalité du mouvement : il n’y a eu aucun découragement face aux déclarations de Macron, Philippe ou Pepy. Au contraire, leurs mensonges indignent. Il en va de même des annonces gouvernementales concernant la filialisation du fret, ou le prétendu « sac à dos social » en cas de transfert de cheminots au privé : cela achève de convaincre qu’en cas de défaite, les attaques frapperaient tout le monde et très rapidement. La détermination à poursuivre le combat est donc intacte et à la hauteur de l’attaque.

Le gouvernement peut sans doute multiplier les déclarations et gesticulations, mais pas les trains en circulation… car ce sont les travailleurs, et eux seuls, qui les font rouler.

Les cheminots ont réussi depuis trois semaines à construire un mouvement qui pose problème au gouvernement, ce conseil d’administration de la bourgeoisie. D’une part sur le plan économique, car de nombreux patrons se plaignent : les uns de perdre des clients, d’autres du retard de leurs salariés, d’autres encore des ruptures d’approvisionnement par fret ferroviaire. Mais le problème du gouvernement est aussi et surtout sur le plan politique : une fraction du monde du travail, présente à l’échelle du pays, tient tête fièrement et montre qu’il est possible de résister.

Il est donc vital de maintenir et de renforcer cette mobilisation pour faire barrage aux attaques patronales.

Christian BERNAC