Neuhauser – Moselle : coup de colère

25 Avril 2018

À l’initiative de la CGT de l’usine, les salariés de la boulangerie industrielle Neuhauser avaient prévu de se mettre en grève le jeudi 19 avril, dans le cadre de la journée de mobilisation interprofessionnelle : l’occasion pour eux de protester contre les mauvaises conditions de travail et les bas salaires.

Mais, en début de semaine, l’annonce par la direction de la suppression de postes, notamment ceux des intérimaires, a mis le feu aux poudres et déclenché la grève dès le lundi soir.

Cette nouvelle menace est d’autant moins passée qu’elle fait suite à un premier plan social imposé en 2017 par le groupe Soufflet, propriétaire de Neuhauser : un groupe riche à millions qui appartient à la famille Soufflet dont la fortune personnelle a augmenté de 300 millions d’euros d’après le magazine Challenges.

Il n’en fallait pas plus pour que plus de la moitié des 550 salariés de l’usine se mettent en grève, organisant piquet et assemblée générale devant l’usine. La direction, qui avait anticipé la grève du 19 avril en mettant en congés forcés une partie des salariés non-grévistes, a été prise de court par cette réaction spontanée dès le 16 avril. Elle a bien essayé de briser la grève en envoyant en référé le représentant CGT au tribunal de Sarreguemines ainsi que quinze salariés le mardi 17 avril, mais cela n’a pas marché et la grève s’est finie le 20 avril en poste du matin. Après quatre jours de grève et de production perdue pour elle, la direction a été contrainte de reculer. Le directeur de l’usine a même été convié à venir s’expliquer devant l’ensemble des salariés mobilisés, ce qu’il n’a pas du tout apprécié.

Les salariés ont finalement décidé collectivement de reprendre le travail après que la direction s’est engagée à ce qu’aucun poste ne soit supprimé, que des négociations aient lieu sur les conditions de travail, et qu’une nouvelle grille de salaire soit mise en place et respectée. Ces négociations devaient commencer dès le lundi 23 avril, sous l’œil avisé des salariés prêts à se remobiliser.

Correspondant LO