Justice : le Palais en déséquilibre

25 Avril 2018

Le nouveau palais de Justice de Paris, énorme construction en bordure du périphérique nord, a ouvert ses portes.

Cet empilement de trois immenses caisses posées l’une sur l’autre, de 38 étages et 160 mètres de haut, se voit de fort loin et revient extrêmement cher. En effet, pour le financer, le ministère de la Justice et l’État ont décidé de recourir à un PPP, un partenariat public-privé.

C’est donc Bouygues qui a pris en charge la construction et qui assurera ensuite l’entretien et la maintenance. Cela coûtera au total 2,3 milliards d’euros. L’État va verser 86 millions par an à ­Bouygues jusqu’à l’année 2044, beaucoup plus cher que s’il avait pris directement en charge la construction. Et par ailleurs, le ministère manque d’argent, comme le montrent l’état lamentable du tribunal de Bobigny et celui, désastreux, des prisons.

Ce PPP est loin d’être le seul. D’autres tribunaux - celui de Caen -, des hôpitaux, la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux, y ont eu recours, au point que la Cour des comptes recommande maintenant de renoncer aux PPP qui ruinent l’État.

Mais c’est aussi une façon d’enrichir le grand patronat...

André VICTOR