Guerre au Yémen : le silence complice des puissances impérialistes

25 Avril 2018

Des dizaines de personnes assistant à un mariage ont été tuées, d’autres blessées, le 22 avril, au Yémen, dans la province de Hajja, au nord-ouest de la capitale Sanaa, dans des raids aériens opérés par l’Arabie saoudite. Selon Médecins sans frontières, l’hôpital qu’ils soutiennent à Hajja a admis 63 blessés, dont des enfants. Ces raids sont « parmi les plus dévastateurs dans la région ces derniers mois » a déclaré l’ONG.

Ces morts s’ajoutent à la longue liste des 10 000 victimes de la guerre menée par l’Arabie saoudite au Yémen. Les bombardements qu’elle opère touchent des hôpitaux, des écoles, des lieux fréquentés par des civils. À cela s’ajoutent l’épidémie de choléra et la famine aggravées par le blocus imposé par le régime saoudien.

Voilà trois ans que l’Arabie saoudite a lancé l’opération Tempête décisive, avec la bénédiction des puissances impérialistes, des États-Unis d’abord, mais aussi de la Grande-Bretagne et de la France. Dans sa lutte pour s’affirmer comme puissance régionale, l’Arabie saoudite veut en effet garder le contrôle sur un pays qu’elle considère comme sa chasse gardée depuis longtemps. Mais, bien que seule à disposer d’une aviation, elle s’enlise dans ce conflit meurtrier contre les différentes factions, ex-alliées des Saoudiens, milices soutenues par l’Iran, groupes armés sans obédience...

Les civils yéménites continuent donc de mourir sous des bombes fabriquées dans les pays impérialistes. Dès 2015, en effet, États-Unis, Grande-Bretagne et France ont fourni des armes et des aides en matière de renseignement à l’Arabie saoudite, et continuent de le faire. La France qui vient de recevoir en grande pompe le prince héritier saoudien Mohamed ben Salman, est accusée selon un récent rapport commandé par des ONG françaises d’exporter des « matériels militaires (…) sans garantie publique que leur utilisation finale soit strictement encadrée (...) », ce qui est le moins qu’on puisse dire.

Les puissances impérialistes, si promptes à condamner la barbarie de Bachar el-Assad en Syrie, sont complices des actes tout aussi barbares commis par leur allié de longue date.

Aline RETESSE