Daunat – Laon : cheminots solidaires des salariés

25 Avril 2018

Treize salariés qui assuraient le nettoyage de nuit de l’usine Daunat de Laon (fabricant de sandwiches et salades) ont reçu la semaine dernière une convocation pour un entretien préalable à un licenciement pour faute grave, après avoir fait grève dix jours.

Alors que la grève commençait à s’étendre aux secteurs de production, la direction a isolé les grévistes en arrêtant l’usine.

Les entretiens devaient commencer le 24 avril, mais les grévistes avaient déjà obtenu le soutien d’un certain nombre de leurs camarades de travail, qui ont signé une pétition. Quelques-uns ont rencontré la direction pour lui dire leur désaccord. Les grévistes ont aussi distribué un tract dans la ville, dénonçant ces menaces de licenciement comme une atteinte au droit de grève, et ils se sont adressés aux salariés d’un autre site Daunat à Arras, où ils ont obtenu une centaine de nouvelles signatures.

Lundi 23 avril, après leur assemblée générale, les cheminots ont installé leur barbecue devant Daunat, pour montrer leur solidarité face à ce patron. La rencontre a été chaleureuse, d’autant que les cheminots voient cette vengeance de patron comme une annonce de ce que le patronat veut imposer aux travailleurs si l’ensemble du monde du travail ne se défend pas.

Cette entreprise de 270 salariés appartient au groupe Norac en pleine expansion et dont le chiffre d’affaires atteint les 100 millions d’euros. Il est composé de dix filiales dans la boulangerie, pâtisserie, plats cuisinés et sandwiches, possède en tout vingt-et-un sites de production et emploie plus de 3 000 personnes.

La direction de Daunat n’admet pas de voir son pouvoir contesté par treize de ses salariés et d’avoir dû s’engager à verser une prime de 70 euros brut par mois pendant trois mois suite à la grève. Une action était prévue mercredi 25 avril pour poursuivre la lutte.

Correspondant LO