Corée du Sud : les salariés du luxe se défendent

25 Avril 2018

Le soir du 14 avril, environ 300 employés de Chanel se sont rassemblés dans la capitale de la Corée du Sud, à la Séoul Station Plaza pour protester contre leurs conditions de travail, demander des augmentations de salaire et une réduction du temps de travail.

Dans les luxueux points de vente, les vendeuses touchent des salaires le plus souvent inférieurs au salaire minimum officiel, qui est de 7 530 wons, c’est-à-dire 5,8 euros de l’heure. Les horaires de travail sont supérieurs à 10 heures par jour et 12 heures le week-end, les jours fériés sont quasi inexistants. Les vendeuses doivent travailler avec des chaussures à talons hauts, ce qui, 10 à 12 heures par jour, relève de la torture.

La contestation touche également d’autres marques du luxe, comme Estée Lauder ou L’Oréal, où les conditions de travail et salaires sont identiques. Différentes actions, comme des grèves partielles, ont été mises en place depuis fin mars, et depuis le 6 avril les employées protestent en refusant de travailler avec maquillage, vernis à ongle, coiffure soignée et chaussures à talons hauts… et viennent au travail en T-shirt et jean.

Le capital du groupe Chanel appartient à 100 % aux frères Wertheimer, dont la fortune était évaluée à plus de 21 milliards d’euros en 2016, ce qui les classait 6e fortune de France. Chanel refuse de publier le moindre chiffre sur ses résultats, mais un document publié en août dernier montrait que, cette même année, les deux frères s’étaient attribué 3,4 milliards d’euros de dividendes, presque les deux tiers du chiffre d’affaires de Chanel, quatre fois ce que l’entreprise déclarait comme bénéfice.

Des ouvriers des usines Chanel de l’Oise aux vendeuses des magasins de Séoul, une même exploitation relie les travailleurs.

Antoine FERRER