CAF – Nancy : les salariés empêchent un mauvais coup

25 Avril 2018

Sous prétexte de se mettre en conformité avec le Code du travail, la direction de la CAF de Meurthe-et-Moselle a dénoncé le protocole régissant les horaires de travail, afin d’y introduire le badgeage sur poste.

Il s’agissait de ne plus faire badger les salariés à l’entrée du bâtiment, mais seulement une fois arrivés sur leur poste de travail, après avoir allumé leur ordinateur et s’être connectés à une badgeuse virtuelle.

Dans un premier temps, la direction envisageait même d’obliger les salariés à débadger lors des pauses ! En tout cas, cela ouvrait la possibilité de les contrôler étroitement… et surtout de récupérer des milliers d’heures de travail ! Selon un calcul des syndicats, cela aurait représenté facilement une heure non payée par semaine, soit l’équivalent de six jours de travail supplémentaire par an ! De discussion en discussion, tous ont fini par se convaincre qu’il fallait résister d’une manière ou d’une autre.

Car la direction l’affirmait clairement, l’objectif était de récupérer du temps de travail supplémentaire, en vue de satisfaire aux obligations de suppressions de postes imposées par l’État.

Lors d’une réunion d’information organisée le 6 avril par la direction, près de 150 agents ont assommé le sous-directeur de questions. Ses réponses ne convainquaient personne et faisaient même s’esclaffer l’assemblée lorsqu’il a évoqué le « coût d’entretien trop élevé des badgeuses ».

Encouragés par la colère qui s’était exprimée, une cinquantaine de salariés se sont rassemblés dès la semaine suivante pour une assemblée générale sur une heure de grève. Il a été décidé d’organiser des actions chaque semaine pour maintenir la pression.

Finalement, à la veille de la première action envisagée, la directrice annulait son projet qui « suscite un fort sentiment d’incompréhension ou de tension ». Cette annonce a été perçue par tous comme étant une victoire obtenue grâce à la mobilisation collective.

Correspondant LO