Notre-Dame-des-Landes : l’État veut montrer ses muscles

18 Avril 2018

Plus d’une semaine après le début de l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, et malgré une imposante démonstration de force, l’État n’est pas venu à bout de ses occupants et de leurs soutiens.

2 500 gendarmes, un hélicoptère, des drones, quatre véhicules blindés de gendarmerie, quelque 11 000 grenades tirées : Macron n’a pas lésiné sur les moyens pour montrer qu’il a de la poigne ! La destruction de lieux comme l’élevage de la ferme des 100 Noms, les images d’évacuations brutales, ont choqué, au-delà des militants de la ZAD, tous ceux qui ne voient pas en quoi les 250 personnes voulant vivre dans la zone peuvent être «une menace à la République». Le gouvernement a annoncé la suspension des expulsions, tout en maintenant sur place les gendarmes, censés empêcher les zadistes de se réinstaller là où tout a été détruit.

Ironisant sur les zadistes, Macron a déclaré le 15 avril sur BFM : « Je vais avoir, moi, un projet agricole alternatif. Je vais aller m’installer dans votre salon et puis je vais dire : “C’est un projet agricole alternatif.” », ajoutant que la ZAD était « un projet de désordre pour certains ». Macron exprime là toute l’arrogance gouvernementale : après avoir dû abandonner le projet d’aéroport, il n’est pas question de tolérer que des gens revendiquant un projet collectif pour le territoire fassent ce qu’ils veulent. Voilà « l’ordre républicain » que Macron entend faire régner à coups de matraque, dans les villes comme dans les champs, et jusque dans le bocage nantais.

Nadia CANTALE