Matraquage à l’université Paris-Nanterre

18 Avril 2018

À l’université Paris-Nanterre, depuis quelques semaines la mobilisation montait contre la loi ORE.

Lundi 9 avril, à la demande de la présidence de l’université, une intervention brutale des CRS a eu lieu contre des étudiants et membres du personnel réunis en assemblée générale pour débattre de la loi, de la politique du gouvernement et des moyens d’amplifier leur mobilisation. Cela a soulevé une indignation générale parmi les étudiants et le personnel enseignant et administratif, mobilisé ou non.

Ce qui a choqué est à la fois la violence de l’évacuation – des étudiants bousculés, certains recevant des coups de matraque des CRS, l’interpellation de sept d’entre eux – mais aussi, bien sûr, le matraquage médiatique mensonger de la direction de l’université et du gouvernement dans les jours qui ont suivi. Contre le mensonge éhonté de la direction de la faculté consistant à prétendre qu’il n’y avait là qu’une minorité de gens extérieurs, pour essayer de justifier son recours à la répression policière, 650 étudiants et membres du personnel se sont réunis dès le lendemain matin pour réclamer, outre les revendications initiales, la libération et l’abandon des charges contre les sept étudiants interpellés et la démission du président de l’université. Un cortège d’environ 300 personnes s’est ensuite rendu devant le commissariat de Nanterre.

Les jours qui ont suivi ont confirmé la mobilisation croissante sur le campus, avec des réunions et des assemblées de plus en plus nombreuses : 800 personnes jeudi 12 avril, et plus de 1 600 le mardi 17. À la ministre Vidal, prétendant que la présence de cheminots venus en soutien devant l’université lundi 16 avril était le signe de l’instrumentalisation politique du mouvement, les 1 600 étudiants et membres du personnel réunis ont répondu par la reconduite de la grève, du blocage de l’université et l’appel à se mobiliser le plus nombreux possible jeudi 19 avril pour rejoindre la manifestation interprofessionnelle et se joindre ainsi aux cheminots en lutte.

Correspondant LO