La santé des enfants passe aussi par la prévention

18 Avril 2018

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, dit envisager d’équiper les écoles et d’autres bâtiments publics de stylos d’injection d’adrénaline permettant d’intervenir rapidement dans les cas d’allergie grave.

Fin mars, un enfant de 6 ans, allergique aux produits laitiers, était mort des suites d’un choc anaphylactique après avoir mangé une crêpe. Nul ne s’opposera à ce qu’un tel dispositif soit installé dans toutes les écoles, d’autant que l’injection peut être pratiquée par n’importe qui. Encore faudra-t-il savoir comment procéder et donner un minimum de formation à chaque adulte présent dans les établissements scolaires.

Mais, au-delà de ces cas spécifiques d’allergie heureusement très rares, bien d’autres situations nécessitent la présence d’une infirmière dans les écoles ou groupes scolaires. Cela peut aller du bobo, peut-être sans gravité mais qui peut avoir besoin d’être soulagé, aux cas plus graves de blessures ou de malaises. Actuellement, faute de personnel infirmier dans les écoles, les enseignants n’ont d’autre solution que de faire appel aux services d’urgence, bien souvent sans savoir quoi faire en attendant leur arrivée.

Le rôle des infirmières scolaires ne se limite pas à des interventions ponctuelles. Elles ont aussi un rôle très important de conseil, d’éducation à la santé, de prévention, en repérant notamment les situations à risque, que ce soit à cause de l’entourage familial ou d’addictions. Or il n’y a actuellement que 7 600 infirmières pour les 62 600 établissements du pays, qui regroupent près de douze millions et demi d’élèves ! C’est ridiculement peu, vu les enjeux sur le développement physique et psychologique des jeunes qui devrait être une priorité. Mais, évidemment, embaucher le nombre suffisant de personnel infirmier dans les établissements scolaires coûterait plus cher que doter chaque établissement d’un stylo d’injection.

Marianne LAMIRAL