Israël-Gaza : une volonté de tuer

11 Avril 2018

Vendredi 30 mars, la première journée de manifestation commémorant l’expulsion des réfugiés palestiniens en 1948 s’était soldée par 19 morts et 1 400 blessés. De nouveau, le 6 avril, l’armée israélienne a tiré à balles réelles sur les manifestants, faisant 9 morts et 300 blessés.

Les manifestations, organisées tous les vendredis, doivent durer six semaines jusqu’au 15 mai, anniversaire de l’exode forcé des Palestiniens et de la création de l’État d’Israël, il y a 70 ans. Elles dénoncent la politique de colonisation de l’État d’Israël, qui a chassé les Palestiniens de leurs terres.

Suite au blocus imposé par Israël mais aussi par l’Égypte, les conditions de vie à Gaza sont aujourd’hui devenues invivables. De huit heures d’électricité par jour, depuis avril 2017, les habitants n’ont plus accès qu’à trois heures, et moins encore dans le sud du territoire. Plus de 95 % de l’eau disponible aujourd’hui n’est pas potable. Sans électricité, la désalinisation de l’eau de mer devient très compliquée. La situation sanitaire s’est aggravée depuis les bombardements israéliens de 2008-2009 (opération Plomb durci), de 2012 (opération Pilier de défense) et de 2014 (opération Bordure protectrice), avec la destruction des canalisations et systèmes d’évacuation des eaux.

La vie des Gazaouis est telle qu’il s’en trouve des dizaines de milliers prêts à la risquer pour dénoncer le blocus israélien. Avant les événements, le porte-parole des forces armées israéliennes déclarait que les balles réelles ne seraient utilisées qu’« en dernier ressort, quand l’émeutier essaie d’endommager les infrastructures de sécurité et de pénétrer en Israël ». On ne voit pas en quoi cela même justifierait de tirer, et de tirer pour tuer, mais c’est bien ce qu’a fait l’armée israélienne, et ce que revendique sans vergogne le Premier ministre, Netanyahou.

Le gouvernement israélien fait preuve dans ces événements de sa volonté de tuer, organisée et prévisible. Cette logique meurtrière, qui est une impasse tant pour la population israélienne que pour la population palestinienne, a le soutien des grandes puissances, promptes à dénoncer les terroristes quand cela leur convient, mais complices de l’oppression du peuple palestinien et du terrorisme d’État des dirigeants israéliens.

Léna PIGALLI