Entre handicapés et sociétés immobilières, l’État a choisi

11 Avril 2018

La loi en préparation jette par-dessus bord l’obligation de construire des logements accessibles aux personnes à mobilité réduite, environ 5 millions de personnes.

La loi de 2005 en vigueur actuellement prévoit que les nouveaux bâtiments de plus de quatre étages destinés au logement soient tous accessibles. Selon l’Insee, seules 40 % des constructions de logements privés ont respecté cette obligation et la loi Élan prévoit de ramener l’obligation à … 10 % tandis que 90 % de logements nouveaux devront seulement être évolutifs, c’est-à-dire transformables par des travaux ultérieurs des propriétaires, et certainement à leurs frais, comme le dénoncent les associations regroupant des handicapés. Elles soulignent l’absurdité d’une telle loi alors qu’il y a au contraire, du fait du vieillissement de la population, la nécessité croissante de logements adaptés. Ce sont les demandes des organisations patronales en faveur d’une simplification des normes qui ont été prises en compte. La Fédération des promoteurs immobiliers se félicite et la Fédération française du bâtiment a exprimé sa satisfaction devant les nouvelles règles d’accessibilité.

Pour les HLM, la proportion de logements neufs considérés comme accessibles est bien meilleure que dans le privé, même si elle a déjà commencé à baisser à moins de 80 % ces dernières années. Les handicapés, et tous les habitants des HLM, risquent de faire les frais des pressions sur les bailleurs sociaux pour qu’ils réduisent leurs coûts. Cependant, la construction de logements, sociaux ou pas, continuera d’alimenter les profits des entreprises du bâtiment et des promoteurs.

Jean SANDAY