À propos de la démarche unitaire du NPA

04 Avril 2018

À l’initiative du NPA et d’Olivier Besancenot, un collectif de partis politiques s’est constitué, regroupant, en plus du NPA, le PCF, le Parti de gauche, le groupe parlementaire de la France insoumise, Génération.s de Benoît Hamon, Europe-écologie-Les Verts, Nouvelle donne, République et socialisme, Ensemble, Alternative libertaire et le PCOF.
Ils ont signé une déclaration commune de soutien à tous les services publics et en solidarité avec les cheminots, puis ont organisé une conférence de presse et des interventions publiques en présence de leurs principaux porte-parole.

Tous étaient présents dans la manifestation cheminote du 22 mars à Paris. Lutte ouvrière aussi, bien sûr. Mais cela ne suffit pas à justifier une expression politique commune. D’autant que si la déclaration unitaire dénonce « les gouvernements successifs qui ont fait le choix de la privatisation des transports », elle est signée par des organisations comme le PCF ou EELV qui ont participé à certains des gouvernements en question, en particulier celui de Jospin. Et si Génération.s, le nouveau parti de Hamon, n’existait pas à l’époque, Hamon lui-même était il y a quelques mois à peine le candidat à l’élection présidentielle du PS, un parti dont on ne peut pas dire qu’il se soit opposé à ce « choix de la privatisation des transports » !

C’est à cela que Lutte ouvrière n’a pas voulu s’associer. Car même si tout ce qui se veut unitaire peut apparaître bon pour la mobilisation, il faut faire la différence entre l’unité des travailleurs au cours de la lutte et les tractations entre appareils. Ce n’est pas l’addition des signatures de personnalités au bas d’un communiqué qui sera décisive pour donner de l’ampleur à la grève des travailleurs de la SNCF. Ce qui contribuera au développement de celle-ci, ce sera avant tout la mobilisation des cheminots eux-mêmes, leur détermination et leur conscience que seule leur lutte collective peut s’opposer aux attaques du gouvernement qui les prend pour cible.

Les militants peuvent et doivent contribuer au développement du mouvement non seulement en tant que militants de la grève, mais aussi en défendant leurs propres perspectives politiques. Pour notre part, nous pensons que le mouvement des cheminots concerne tous les travailleurs sur un autre terrain que celui de la défense du service public. Les cheminots se battent pour quelque chose de bien plus commun à tous les travailleurs : leurs conditions de travail, de vie, de salaires. L’enjeu de leur grève, c’est aussi le rapport de force politique entre le monde du travail et la bourgeoisie et le gouvernement.

Il n’y a aucun problème à ce que les différences politiques entre tous ceux qui soutiennent leur lutte s’expriment. C’est même la meilleure manière pour que chacun puisse les confronter et choisir en pleine conscience.
 

Pierre ROYAN