JO 2024 : profits en or pour le BTP

04 Avril 2018

L’Inspection générale des finances (IGF) vient de publier son rapport sur les risques de dépassement du budget des jeux Olympiques de 2024 à Paris. L’IGF estime que le surcoût pourrait être de 500 millions d’euros, passant ainsi de 6,8 à 7,3 milliards d’euros.

Cela n’a rien d’une surprise car, depuis trente ans, les jeux Olympiques dépassent systématiquement les budgets initiaux : ceux de Pékin en 2008 avaient coûté douze fois celui annoncé et ceux du Brésil avaient carrément mené l’État de Rio à la faillite.

En ce qui concerne les futurs Jeux de 2024, le rapport pointe le centre nautique de Saint-Denis, qui pourrait coûter 250 millions d’euros et aussi ne pas être terminé à temps. Au Bourget, le village des médias et des sites temporaires (volley, badminton, tir) coûterait également bien plus que prévu.

Pour diminuer la note, les auteurs du rapport préconisent donc de réduire la voilure : prévoir un centre nautique moins ambitieux et peut-être temporaire, réduire de deux tiers le nombre de logements prévus dans le village des médias, abandonner le projet de site de volley-ball, renoncer à l’enfouissement des lignes à haute tension.

Or, pour promouvoir les jeux Olympiques auprès de l’opinion publique, le gouvernement avait mis en avant l’utilité des nouvelles installations après les Jeux, notamment pour les habitants de Seine-Saint-Denis. Le centre nautique, les nouveaux terrains de sport devaient bénéficier à la population d’un département sous-équipé en installations sportives, le village des médias se transformer en logements sociaux. Mais, les travaux à peine commencés, ces promesses se réduisent déjà.

Même le village olympique, prévu sur les communes de Saint-Ouen, Saint-Denis et L’Île-Saint-Denis, serait menacé car trop proche d’une zone archéologique « susceptible de receler des vestiges ».

Si les retombées positives de ces Jeux pour la population sont de moins en moins évidentes, les groupes du BTP et autres équipementiers en resteront à coup sûr les grands gagnants… peut-être même les seuls !

Jacques Le Gall