Farces et attrape-nigauds

04 Avril 2018

Face à la mobilisation de cheminots, la direction de la SNCF et le gouvernement, relayés complaisamment par les médias, ont multiplié manœuvres et mensonges, sans grand succès.

En marche…  vers la privatisation

Le plan gouvernemental veut transformer la SNCF en « société anonyme ». Mais on a vu Élisabeth Borne, la ministre des Transports, prétendre avec aplomb qu’en aucun cas la privatisation de la SNCF n’était possible. C’est exactement le même engagement qu’avaient pris ses prédécesseurs, par exemple à propos de France Télécom ou d’EDF-GDF.
On sait que les promesses n’engagent que... ceux qui y croient.

Service privé

Élisabeth Borne a aussi annoncé que l’ouverture à la concurrence ne s’effectuerait pas par ordonnances. Mais il ne s’agit en aucun cas d’un recul, puisqu’elle en a confirmé le calendrier : à partir de 2019 pour les TER et 2020 pour les TGV.

Cette mise en concurrence ne vise qu’à permettre à des capitalistes privés de faire main basse sur les secteurs rentables du ferroviaire, quitte à abandonner les autres.
Avec ou sans ordonnances, tout est à jeter dans le plan Macron !

Fourchettes, clopinettes  et sac à dos

La ministre prétend que, dans le cas de perte de marché par la SNCF, les cheminots seraient transférés au privé avec un « sac à dos social ».

Avec les attaques prévues contre les cheminots dans le plan Macron, et en particulier la suppression du statut qui offre une certaine garantie de l’emploi, le fameux sac à dos n’aura plus que les bretelles !

Mais, contrairement à ce que pense le gouvernement, l’affaire n’est pas dans le sac !

Retenues  sans retenue

La direction de la SNCF a annoncé des pénalités financières supplémentaires à l’encontre des grévistes : elle a décidé de compter des repos comme jours de grève, même dans le cas d’une grève par intermittence.

Cette annonce a au moins le mérite de battre en brèche l’un des nombreux préjugés véhiculés sur les cheminots, qui affirme qu’ils sont payés pendant leurs grèves.
Mais en plus, la direction va peut-être finir, avec ses provocations, par obtenir le résultat inverse de celui escompté : convaincre de plus en plus de cheminots de partir en grève pour de bon… sans trêve ni repos.

Zéro de conduite

Dans le but de dissuader les cadres du secteur traction de rejoindre le mouvement de grève et de les inciter à remplacer les grévistes, la direction leur a octroyé une prime « pour conduite occasionnelle » de 150 euros par mois, avec effet rétroactif depuis janvier.

Vu le nombre de trains en circulation le 3 avril, Pepy a peut-être cassé sa tirelire, mais pas la grève !

Mission impossible

La SNCF a aussi tenté de mobiliser sa hiérarchie pour défendre auprès des cheminots l’attaque du gouvernement. Mais comment défendre un plan qui prévoit la suppression des quelques droits que possèdent encore les travailleurs du rail ? Comment défendre un plan qui veut encore accélérer les suppressions d’emplois ? Comment défendre un plan qui veut faire des cheminots des pions jetables, transférables et corvéables à merci ?

Pas étonnant que son opération ait fait chou blanc.