Douaniers français en Italie : chasse aux migrants

04 Avril 2018

Le 30 mars, des douaniers français ont fait irruption dans un local d’accueil des migrants, dans la gare de Bardonecchia, ville des Alpes italiennes, provoquant un début d’incident diplomatique entre les deux pays.

Dernière gare italienne sur la ligne qui relie Milan à la France, Bardonecchia voit depuis des mois affluer des migrants qui, ayant réussi à débarquer en Italie, tentent de franchir les Alpes pour gagner la France. Un local de la gare, géré par la ville, est mis à disposition de deux associations d’aide aux migrants. Depuis des mois, on y assiste aussi au ballet incessant des autobus français, qui viennent redéposer les migrants pris de l’autre côté de la frontière, après avoir franchi la montagne à pied. C’est ici que, le 9 février, des gendarmes français avaient abandonné, sans soins, une jeune femme nigériane enceinte et malade, qui a fini par décéder dans un hôpital de Turin.

Cette fois-ci, dans un TGV Paris-Milan, des douaniers français s’en sont pris à un Nigérian résidant en Italie, qu’ils soupçonnaient de trafic de drogue. Ils l’ont forcé à descendre et à les accompagner dans le local en question pour lui faire subir un test d’urine, qui s’est d’ailleurs révélé négatif. Les bénévoles et les migrants témoins de la scène ont souligné l’agressivité des militaires et l’inhumanité des douaniers.

Côté français, le ministre Darmanin s’est empressé de couvrir ses douaniers, tout en essayant de calmer le jeu vis-à-vis du gouvernement italien qui s’insurge de cet acte « d’arrogance française ». L’occasion est belle pour les politiciens italiens, qui entonnent tous le refrain de la souveraineté nationale bafouée. Salvini, le leader du parti d’extrême droite La Ligue, a annoncé sa venue à Bardonecchia, pour montrer que « l’Italie ne cédera pas le contrôle de ses frontières à Macron ».

Au-delà de l’exploitation politicienne qui en est faite, cet incident est une illustration de plus de la politique du gouvernement français vis-à-vis des migrants.

Nadia CANTALE