Claira-Perpignan

04 Avril 2018

À Claira, au nord de Perpignan, dès 6 h 30, 80 grévistes étaient massés devant la porte d’entrée. À 8 h 25, cinq minutes avant l’ouverture des portes au public, 120 à 130 travailleurs ont alors manifesté devant les caisses en criant des slogans contre le PDG. Toute la matinée, manifestations et sit-in se sont succédé dans la galerie marchande, avec distribution de tracts aux clients, accueillis avec sympathie.
Les employés en grève représentaient entre 70 % et 80 % des effectifs de la journée, du jamais vu. La colère s’était accumulée depuis longtemps. Le plan de restructuration de Bompard prévoit en effet des fermetures et des cessions de supermarchés, signifiant des suppressions d’emplois par milliers, non seulement au siège, mais aussi par petites unités dans chaque magasin. Le sous-effectif permanent, déjà responsable des conditions de travail dégradées à Claira comme ailleurs, ne peut que s’aggraver, alors que la situation est déjà insupportable.
Des témoignages de solidarité de clients, d’ailleurs venus peu nombreux à l’ouverture, ont contribué à la satisfaction des salariés en grève, contents d’être aussi nombreux et d’avoir vu les chefs en caisse travailler... bien moins efficacement que les caissières si mal payées.
Correspondant LO

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Saint-Pierre-des-Corps
Dès 7 h 30, à l’hypermarché de Saint-Pierre-des-Corps, près de Tours, plus d’une cinquantaine de grévistes sont rassemblés sur le parking du personnel pour organiser la journée. Café, gâteaux et acclamations à l’arrivée de renforts, l’ambiance y était.
Une heure plus tard, deux files de chariots bloquaient la ligne de caisses et plus d’une centaine de grévistes s’activaient pendant que la sono débitait
Allumer le feu
, que les slogans étaient repris en chœur et que chasubles et drapeaux syndicaux se distribuaient.
Le mécontentement était tangible. Inquiétude due aux suppressions d’emplois, colère au sujet de la prime d’intéressement. Pas étonnant que, depuis une dizaine de jours, la plupart des caissières aient décidé d’être en grève le 31. Pour une bonne partie, c’était leur première grève, même après vingt ans d’ancienneté.
Les clients rebroussaient chemin, la plupart avec un petit mot de soutien. Des cheminots du Technicentre SNCF voisin avaient fait le déplacement pour soutenir leur action. Les téléphones s’activant sur les réseaux sociaux, tout le monde a pu rapidement savoir que la grève marchait aussi ailleurs.
Correspondant LO

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Vitrolles et Marseille
Dans les Bouches-du-Rhône, les magasins de Vitrolles, Marseille Grand-Littoral, Bonneveine et Le Merlan étaient carrément fermés. Les employés rappelaient que cette période de Pâques vient tout de suite après celle de Noël en termes de chiffre d’affaires.
À Grand-Littoral, ce qui ajoutait à la colère était la généralisation de ces temps partiels imposés qui ne permettent pas de vivre. Les grévistes veulent des embauches à temps complet pour ceux qui le souhaitent. Ils dénoncent la généralisation des coupures qui rallongent le temps perdu sans salaire et demandent l’amélioration des conditions de travail, dont la désinfection, la maintenance et le remplacement du matériel. Ils dénoncent aussi une discrimination à l’embauche qui vise les enfants des syndiqués CGT.
À Vitrolles, les travailleurs ajoutaient que la charge de travail n’a cessé d’augmenter tandis que le nombre de travailleurs diminuait. Dans ce Carrefour, le plus important de la région, la baisse des effectifs a été considérable et devrait s’aggraver avec la mise en gérance d’une partie du magasin.
Après cette grève, le 2 avril, à Carrefour Grand-Littoral les œufs en chocolat ont été bradés. Et l’encadrement a quand même offert un bon moment de détente aux grévistes, grâce à certains managers qui ont dû remplir eux-mêmes les rayons.
Correspondant LO
 

Correspondant LO