Cheminots, Air France, Ehpad… : un même combat contre les attaques antiouvrières

04 Avril 2018

Les mouvements des cheminots, des éboueurs, des salariés de Carrefour, des travailleurs des hôpitaux et des Ehpad, des étudiants, du personnel d’Air France, etc. vont-ils fusionner en un seul, dirigé contre le gouvernement ? C’est la question que les médias posent à tous leurs invités, ministres ou syndicalistes, commentateurs ou patrons.

Laurent Berger, le secrétaire de la CFDT, répond dans Le Figaro que « pour éviter l’éruption il faut renforcer la cohésion sociale », donc renforcer son appareil syndical pour en faire un tampon plus efficace encore entre la classe ouvrière et le patronat.

Les soutiens du gouvernement affirment, eux, qu’il s’agit en fait de mouvements séparés, aux objectifs et aux revendications disjointes et qu’il n’y a donc aucun risque de mouvement général. Le chroniqueur politique de France Inter prétend qu’il n’y a rien de commun entre un cheminot qui veut garder son statut, une aide-soignante d’Ehpad qui ne parvient plus à faire son métier et un pilote d’Air France qui entend avoir sa part des bénéfices de l’entreprise.

Il est bien sûr habituel que les tenants de l’ordre social tentent de dresser des barrières entre les travailleurs, en les classant en méritants, privilégiés et super privilégiés. Combattre ces divisions fut et reste la tâche des militants ouvriers. Mais elles ne s’effacent, précisément, que lors de mouvements qui entraînent l’ensemble de la classe travailleuse, lorsque chacun se sent appartenir à un même camp social.

Les ministres disent ne pas redouter un embrasement partiel, comme en décembre 1995, ou général, comme en 1968. Mais c’est la politique gouvernementale qui allume les mèches dans tous les secteurs. Macron attise la guerre sociale en cours en diminuant les impôts des riches et en augmentant ceux des travailleurs retraités. Il donne les mains libres au patronat pour licencier, aggraver les conditions de travail, précariser toujours plus les emplois. Il lâche police, tribunaux et médias contre les travailleurs qui se défendent, comme ceux d’Air France. Il aide le profit privé à étrangler la santé, il fait des économies sur l’éducation et propose de trier les étudiants à l’entrée de l’université. Il menace désormais les travailleurs des transports publics.

Il ne s’agit pas là d’attaques disjointes, mais d’une seule et même politique, poursuivie par tous les gouvernements depuis longtemps : mettre en place tout ce qui favorise le profit capitaliste, détruire tout ce qui peut protéger les travailleurs. C’est bien cela, la lutte de classe menée par les gouvernements au nom du patronat, qui finira par unir l’ensemble des travailleurs contre les capitalistes et leurs porte-parole.

Paul GALOIS