Pologne : pour la liberté de l’avortement

28 Mars 2018

En Pologne, de nombreuses manifestations pour la liberté de l’avortement ont à nouveau eu lieu.

Dimanche 18 mars, il s’agissait de riposter à la conférence épiscopale appelant à soutenir le projet de loi restreignant encore plus le droit à l’avortement. Une « grève des femmes » a été appelée par les organisations féministes et s’est traduite par des manifestations de toutes sortes dans plusieurs grandes villes. Le mot d’ordre « Un cintre pour l’évêque » a été repris largement, accompagné de monceaux de cintres, l’instrument emblématique des avortements clandestins.

Vendredi 23 mars, de nouvelles manifestations sur le même thème ont eu lieu. Il y aurait eu 50 000 manifestants à Varsovie.

En Pologne, l’avortement est interdit depuis 1993. Seules trois raisons permettent jusqu’à présent d’y recourir, donnant lieu à environ un millier d’avortements autorisés, alors que probablement 100 000 voire plus ont lieu clandestinement. La mise en danger de la vie de la mère, le viol ou l’inceste, et la malformation de l’embryon sont ces trois raisons. L’Église et les organisations d’extrême droite font pression pour supprimer la possibilité d’avorter pour la dernière raison.

Un projet de loi en ce sens a été déposé au Parlement et retenu. En revanche, un projet de libéralisation de l’avortement a été rejeté, en grande partie à cause de la débandade des élus de l’opposition, qui en janvier dernier se sont abstenus ou ne sont pas venus le voter.

Les manifestations ont donc eu lieu à l’occasion d’une nouvelle étape de l’examen de ce projet restrictif. Les manifestants soulignent justement la barbarie et l’obscurantisme des défenseurs du projet, de l’épiscopat et du gouvernement. C’est sur leur mobilisation que repose l’espoir de construire un avenir qui ne ressemble pas au retour au Moyen Âge.

Nelly MEYER