Le 22 mars, assemblées et manifestations

28 Mars 2018

Dans la région de Lyon

À Lyon, les guichets et l’Escale des gares de Perrache et de La Part-Dieu étaient eux aussi désertés. Aucun train-tram n’a fonctionné dans l’Ouest lyonnais, et quasiment pas de TER. Environ 1 000 cheminots sont montés à Paris en train, alors que 300 autres défilaient à Lyon avec les travailleurs de la fonction publique.

À la gare de Nantes

Jeudi 22 mars, tous les guichets de la gare de Nantes étaient fermés et le service d’accueil, l’Escale, était pratiquement en grève à 100 %. Même les chefs s’y étaient mis, une première.

Les cheminots de la région nantaise sont partis de la gare de Nantes en TGV à la manifestation à Paris. Déjà très nombreux sur le quai du départ, ils ont été rejoints par les Angevins. À l’arrivée à Montparnasse, des cheminots toulousains étaient sur le quai d’en face et bientôt le slogan « Cheminots en colère, on ne va pas se laisser faire » résonnait dans toute la gare.

Depuis la journée du 22 mars, le sujet numéro un des conversations est la grève, ainsi que la manière de s’y prendre. Les avis sont partagés, mais c’est l’assemblée générale des grévistes qui en décidera le 3 avril. Beaucoup se déclarent dès à présent grévistes pour les 3 et 4 avril.

À Paris Gare du Nord

L’assemblée générale interservices du jeudi matin a dépassé toutes les prévisions : 450 personnes présentes, alors que le précédent record était de 120. Il y avait des grévistes venant de partout. Ceux des ateliers du Landy, par exemple, étaient à 98 % en grève, du jamais vu !

Trois votes ont eu lieu. Le premier a permis d’élire le bureau d’organisation de la grève, composé de 13 volontaires et destiné à mettre en place les actions et les tournées pour les jours suivants. Le second vote concernait les modalités de la grève. Dans cette assemblée où la CGT était quasiment absente, de nombreux bras se sont levés pour la grève reconductible à partir du 3 avril, alors que la formule de deux jours de grève puis trois jours de reprise n’a recueilli qu’une voix. La revendication de « retrait du pacte ferroviaire sans négociations » a été adoptée lors du troisième vote.

Plus de vingt jeunes de la gare étaient présents pour la première fois à l’assemblée générale et à la manifestation. C’était aussi l’occasion de retrouver des travailleurs que l’on n’avait pas vus depuis longtemps dans les mouvements. Les ex-grévistes de la société de nettoyage Onet, qui venaient de faire 45 jours de grève contre la clause de mobilité que voulait leur imposer leur patron, et qui avaient gagné, étaient aussi présents à l’AG en solidarité avec les cheminots.

En Alsace

Les contrôleurs étaient fortement mobilisés, avec 111 grévistes sur un total de 120 actifs ce jour-là. Les conducteurs, eux, étaient 126 en grève. Les trains devant transporter les grévistes au départ de Strasbourg et de Mulhouse ont été annulés, mais les cheminots se sont débrouillés pour monter dans d’autres trains, car il n’était pas question de ne pas aller à Paris ! Les pancartes portées par les grévistes ont bien plu : « Édouard Philippe, ta chemise est mise à prix », « Cheminots, usagers, même Macron, même combat », « La force des travailleurs, c’est la grève ».

Au dépôt de maintenance de Villeneuve-Saint-Georges

Le taux de grévistes a atteint 62 % chez les ouvriers mais, dans certaines unités, comme au Mouvement, qui regroupe les cheminots faisant la jonction entre les ateliers et les conducteurs de ligne, il a dépassé 95 % ! Pour la première fois, les deux postes d’aiguillage qui y sont rattachés ont dû être fermés.

Aux ateliers TGV de Châtillon

Le piquet de grève a regroupé environ 50 cheminots. Juste avant l’assemblée générale, une petite manifestation a été improvisée dans les ateliers et tout le monde a pu constater qu’ils étaient vides, mis à part quelques chefs, des jeunes en période d’essai et des stagiaires.

L’assemblée générale du 22 mars a été un succès, avec 80 présents. Dans le métro qui les conduisait à la gare de l’Est, les manifestants ont distribué des tracts aux voyageurs, qui approuvaient et les lisaient avec attention.

Comme décidé lors de l’assemblée du 22 mars, des réunions ont été organisées sur le temps de travail dès lundi 26 mars pour discuter des suites à donner au mouvement. Le directeur d’établissement est venu faire pression en annonçant le retrait d’une heure de salaire pour fait de grève. Cela a plutôt énervé les présents… qui sont restés ! La grève a été votée pour le 3 avril, avec piquet de grève dès 6 heures et assemblée générale à 9 heures.

Correspondant LO