Hôpital psychiatrique de Clermont – Fitz-James : nouvelle mobilisation contre le vol des RTT

28 Mars 2018

Lundi 26 mars, une nouvelle journée de grève et de manifestation avait été appelée par l’intersyndicale regroupant la CGT et FO de l’hôpital psychiatrique de Clermont-Fitz-James dans l’Oise. Et encore une fois, comme fin janvier, des centaines de salariés, toutes catégories réunies, soignants comme ouvriers des services techniques, ont répondu présent.

La colère du personnel et sa mobilisation ont été alimentées par le mail provocateur que le directeur de l’hôpital a adressé à tout le personnel. Le 22 mars, jour de la manifestation des services publics et des cheminots, il écrivait : « À partir du 1er mai, j’applique de façon unilatérale le passage du personnel d’un horaire quotidien de 8 heures à 7 heures 30, avec la suppression immédiate de 10 jours de congés RTT. » Le préfet s’est invité dans la partie et a fait convoquer les représentants des deux syndicats à la sous-préfecture de Clermont.

Lors de la dernière manifestation, des centaines d’hospitaliers avaient envahi les voies rapides, puis avaient paralysé le trafic ferroviaire. Cela avait donné lieu à un face-à-face tendu avec les gendarmes. Aussi le préfet a-t-il fait demander aux responsables syndicaux l’engagement que de tels « débordements » ne se reproduisent pas.

Cela n’a pas empêché la réussite de cette journée. 350 hospitaliers sont partis en manifestant de Fitz-James pour rejoindre le site de Clermont, où siège la direction. Cette fois, celle-ci au grand complet attendait les manifestants, acceptant de les recevoir.

En fait de délégation, tous ceux qui pouvaient ont investi les lieux, et ne se sont pas gênés pour invectiver le directeur de façon directe, voire très crue, pour lui dire leur mécontentement, avec parmi eux pas mal de jeunes. Les engagements à organiser des rencontres, annoncés par le directeur, ne changeront rien. Cela fait des mois que, sous l’autorité du ministère, il a mission d’en finir avec la résistance des 2 700 hospitaliers de Clermont.

Le directeur voudrait jeter au panier l’accord sur les 35 heures qui jusqu’à aujourd’hui régissait les droits des salariés. Mais ceux-ci peuvent avoir le dernier mot, car le travail c’est eux qui le font… ou pas. Dans cette période où le gouvernement entend s’attaquer aux cheminots, à la fonction publique et tout particulièrement aux hôpitaux, les travailleurs de Clermont-Fitz-James peuvent opposer une résistance déterminée aux diktats de la direction, qui veut aussi supprimer des postes, des lits, et aggraver les conditions de travail.

Correspondant LO