Gironde : grève active et combative des facteurs

28 Mars 2018

Lundi 26 mars, les facteurs de Gironde en étaient à leur 14e jour de grève. Démarrée au lendemain de la grève départementale initiée par Sud PTT le 12 mars, qui a mobilisé près de 600 facteurs, la grève s’est propagée entre le 13 et le 26 mars à partir de deux bureaux et avait gagné à ce jour près d’une trentaine de sites sur 63, entraînant environ 200 facteurs tous les jours.

Les facteurs s’opposent toujours à deux réorganisations de La Poste : la « sacoche » qui condamne certains facteurs à une journée continue de distribution et d’autres à ne faire que du tri ; et la coupure méridienne imposée et non payée, qui allonge d’autant la journée de travail.

Depuis le 13 mars, les facteurs en grève ont quotidiennement organisé des visites dans les bureaux qui n’étaient pas encore touchés par la grève. Ils ont aussi eu affaire, de plus en plus systématiquement, à l’opposition des directeurs de site cherchant à leur interdire l’accès de leur établissement, contrairement au droit syndical. Malgré tout, la grève a continué à progresser. Mercredi 21 mars, Cadillac, Gradignan, Saint-Vivien, Le Verdon ont rejoint le mouvement de façon majoritaire. Une partie de Cestas s’est mis en grève, portant le nombre de sites touchés à 25. Jeudi 22 mars, journée de grève dans tout le service public, le rassemblement des facteurs au pied de la direction départementale et la manifestation ont regroupé dans une ambiance joyeuse et combative 400 facteurs du département. Vendredi, une trentaine de facteurs du Médoc en grève ont manifesté dans les rues de Lesparre. Ce jour-là, 200 tournées n’étaient pas couvertes dans le département. Samedi 24, des facteurs sont intervenus sur les marchés à Langon, La Réole, Léognan pour faire signer des pétitions mais ont aussi visité des bureaux, comme ceux de Villenave-d’Ornon. Une délégation de facteurs a aussi manifesté avec les travailleurs de Ford.

Les facteurs recherchent aussi la solidarité financière des travailleurs. Plusieurs dizaines d’entre eux ont fait, avec les syndicats du Centre financier de La Poste, deux collectes à la cantine du bâtiment. D’autres ont reçu le soutien des travailleurs de la Monnaie de Pessac.

Mardi 27 mars, au moins 150 grévistes se sont retrouvés à Bordeaux à la direction départementale. La Poste a reçu une délégation, mais a confirmé ce qu’elle avait déjà dit dans un courrier quelques jours plus tôt, à savoir qu’il fallait discuter localement, dans chaque bureau. Les grévistes ont bien entendu refusé cette grossière manœuvre et ont voté la poursuite de la grève.

Il est question maintenant d’une journée de grève nationale sur les revendications portées en Gironde et en Ille-et-Vilaine. Ces réorganisations concernent tous les facteurs du pays. Aussi une telle journée serait-elle nécessaire pour lancer la mobilisation à l’échelle nationale. En attendant, la pression doit toujours monter.

Correspondant LO