Attentats : après le drame, son utilisation politicienne

28 Mars 2018

Ce sont des attentats ignobles qui se sont produits à Carcassonne et Trèbes vendredi 23 mars. Daech a revendiqué la trajectoire sanglante du terroriste, pour bien montrer que, malgré la perte de ses territoires en Irak et Syrie, l’organisation conserve son pouvoir de nuisance.

Le drame a été la répétition d’une scène jouée et rejouée depuis trois ans : un petit délinquant, fiché S, qui se décide à semer la mort dans une opération suicide en se revendiquant de l’islamisme et qui, avant d’être abattu, fauche des vies.

Il n’aura pas fallu longtemps après l’attentat pour que les divers porte-parole de l’extrême droite et de la droite rivalisent de propos appelant à rétablir l’état d’urgence, comme s’ils ignoraient que la dernière loi antiterroriste votée sous Macron a fait entrer dans le droit commun la plupart de ses dispositions. Le Pen et Wauquiez ont entonné le refrain d’une même chanson : Soyons plus fermes, plus durs, enfermons et expulsons les fichés S quand ils sont étrangers. Manuel Valls, aujourd’hui proche de Macron, y est allé de son petit couplet sur la nécessité d’interdire le salafisme. Il n’aura pas fallu longtemps pour que tous ces politiciens rivalisent dans la démagogie sécuritaire.

Tous savent bien que des mesures sécuritaires ne peuvent empêcher des individus de se revendiquer des terroristes, ni de passer à l’acte.

Le gouvernement aussi se sert de ce drame à des fins politiciennes. Il est en position de réclamer l’union nationale et de demander de faire bloc derrière lui. Le gouvernement et Macron n’ont pas hésité à utiliser l’assassinat de l’officier de gendarmerie Arnaud Beltrame pour susciter une grande communion nationale, dont le personnage principal ne sera pas le gendarme, mais Macron lui-même.

Tout cet étalage sert à faire oublier que les attentats qui frappent depuis des années maintenant les pays d’Europe occidentale sont avant tout l’écho de la barbarie qui frappe le monde, et en particulier le Moyen-Orient, barbarie dans laquelle les dirigeants français ont une responsabilité écrasante.

Boris SAVIN