Sans-abri : l’urgence, c’est toute l’année

21 Mars 2018

Avec la baisse des températures, le plan Grand froid a une nouvelle fois été déclenché dans de nombreux départements.

Des places supplémentaires d’hébergement d’urgence sont mobilisées, et les maraudes dans les rues sont renforcées pour venir en aide à tous ceux qui doivent dormir dehors, au risque d’y mourir de froid.

Ces moyens supplémentaires ne suffisent cependant pas à faire face. Le 115, le numéro du Samu social qui peut orienter vers les hébergements, est saturé. Son directeur à Paris explique que, sur 6 000 appels par jour, les opérateurs ne peuvent répondre qu’à 1 500. Il faut insister, encore et toujours, si bien que beaucoup finissent par renoncer. Quant au nombre de places d’hébergement, il reste insuffisant, malgré les gymnases et autres locaux mis à disposition par les municipalités. En février dernier, alors que les températures tombaient la nuit en dessous de - 5°C, un responsable des actions de solidarité dénonçait le fait qu’un jour 330 personnes en famille avaient appelé le 115 en Seine Saint-Denis, sans obtenir d’hébergement. De plus, dans la journée, les SDF doivent retourner dans la rue et subir à nouveau les températures glaciales.

Le refus de l’État et du gouvernement de mettre en place les moyens suffisants est scandaleux. Mais, au-delà, les associations dont le bénévolat permet d’éviter le pire dénoncent la « gestion au thermomètre » de la situation. Alors qu’en permanence chacun devrait avoir un toit pour s’abriter, c’est en fonction de la température et au compte-gouttes que les moyens sont alloués : plan hivernal au début de cette saison, puis les trois niveaux du plan Grand froid selon que la température nocturne descend en dessous de 0°, - 5°C ou - 10°C. Quand le thermomètre va remonter, la plupart des hébergés d’urgence seront rejetés à la rue, où ils seront rejoints par de nouveaux SDF, ceux qui auront été expulsés à la fin de la trêve hivernale.

Macron avait promis qu’avant la fin de l’année 2017 plus personne ne serait à la rue. Chacun peut constater que c’était un mensonge parmi d’autres.

Daniel MESCLA