Espagne : les “pensionistas” nombreux dans les rues

21 Mars 2018

Samedi 17 mars en Espagne, des centaines de milliers de retraités, de bénéficiaires de pensions diverses (handicapés, accidentés du travail, chômeurs sans passé professionnel suffisant, entre autres) sont descendus dans la rue avec leur famille. Ils ont aussi entraîné des travailleurs de différents secteurs pour protester contre les mesures du gouvernement limitant la hausse des pensions à un misérable 0,25 %.

La presse parle de 115 000 manifestants à Bilbao, 30 000 à l’une des manifestations de Barcelone, de dizaines de milliers en Andalousie et de plus de 100 000 à Madrid. Une semaine plus tôt, à Madrid, plusieurs dizaines de milliers de pensionistas s’étaient rassemblés devant le ministère des Finances. Ils protestaient contre la baisse du pouvoir d’achat de leurs retraites et de leurs pensions, au moment où les gouvernements locaux comme central remettent en cause les budgets des services publics, les remboursements des soins et des frais de maladie. Cette baisse est d’autant plus intolérable que les prix de l’électricité, de l’eau, des logements ne cessent d’augmenter.

Cette attaque contre les retraites a d’autant plus de conséquences que les anciens, retraités ou pensionnés aident bien souvent leurs enfants, voire leurs petits-enfants, entre autres pour payer les frais des études. C’est important dans cette période où la précarité, les temps partiels, les licenciements pèsent sur de nombreuses familles.

Des centaines de milliers de personnes ont donc crié au gouvernement et aux riches leur slogan : « Haut les mains, c’est du vol. » Le dérisoire 0,25 % d’augmentation a été une provocation telle que les organisations syndicales, les partis de gauche, les associations et diverses organisations de défense des services publics se sont mis en avant. L’ampleur des manifestations est à la mesure du mécontentement et est le reflet de ce que subissent les classes populaires. Les partis politiques chercheront à cantonner l’expression de cette colère aux retraités, en évitant la jonction avec les actifs. Mais elle montre aussi une volonté de changement qui va au-delà. Or des projets de mesures antiouvrières sont dans les tiroirs du gouvernement central de Madrid et des gouvernements régionaux. Il y a des plans de licenciements dans ceux du patronat et des banques. Alors, il est urgent que toutes les catégories qui voient leur sort se dégrader, qui redoutent le chômage, les baisses de salaire, se retrouvent dans un même mouvement.

Henriette MAUTHEY