Carrefour – Vitrolles : les travailleurs se rebellent

21 Mars 2018

Jeudi 15 mars les travailleurs de l’hypermarché Carrefour de Vitrolles se sont mis en grève et ont occupé les allées de la galerie marchande. Puis à 14 heures, après une entrevue avec le directeur du magasin, ils ont décidé de bloquer les accès de celui-ci.

En apprenant que cette année la prime de participation annuelle ne s’élèverait qu’à une cinquantaine d’euros, les travailleurs de Carrefour ont montré leur colère. Avant 2013, cette prime correspondait à un mois de salaire. Elle a ensuite été divisée par deux : elle n’était plus que d’environ 600 euros. Mais en 2018 elle a été divisée par près de dix.

Aussitôt, des travailleurs ont demandé aux organisations syndicales CGT et Unsa de déclencher la grève. Et à minuit, dans la nuit de mercredi à jeudi 15 mars, ils ont rejoint le piquet au lieu de rejoindre leur poste. Certains cadres ont passé la nuit à mettre en rayon les différents produits. Au fil des heures, la totalité des employés du magasin se mettait en grève. Là, pas de caissières, et les files d’attente, chariots pleins, s’allongeaient ! Quelques cadres ont bien essayé de les remplacer, sous le regard moqueur des grévistes qui les voyaient multiplier les erreurs, s’emmêler dans les prix et les codes, ce qui habituellement aurait valu de sévères sanctions.

Les travailleurs des magasins Carrefour sont soumis aux menaces du plan de Bompard, le directeur général du groupe, qui prévoit la suppression de 2 400 emplois en France. En fait, selon les syndicats, 5 000 postes, voire plus encore, seraient supprimés. À Vitrolles, ce plan prévoit aussi la fermeture de tout le secteur non alimentaire des magasins, avec l’habillement et l’électroménager, donc encore plus de suppressions d’emplois prévisibles. Enfin, le risque de passage des magasins en location-gérance signifierait pour les salariés la fin des accords collectifs d’entreprise. À cela, il faut ajouter les pressions constantes pour travailler toujours plus : l’hypermarché de Vitrolles est passé de 800 salariés dans les années 1990 à 530 aujourd’hui. La charge de travail a donc augmenté, alors que les salaires sont bloqués depuis six ans.

Pourtant Carrefour fait des profits. Cette année, le groupe a réparti ses bénéfices entre 410 millions qu’il a engrangés, et 363 millions destinés aux actionnaires, 7 millions seulement seront partagés entre les 132 000 salariés pour la prime.

Lorsque les représentants des grévistes ont demandé le rétablissement de la prime, des augmentations de salaire et le paiement de la journée de grève, ils se sont heurtés à un refus sur toute la ligne. En apprenant cela, ce même jeudi 15 mars à 14 h, les grévistes votaient à la quasi-unanimité la poursuite de la grève et le blocage du magasin pour la journée.

Correspondant LO