Assurance chômage : une attaque contre tous les travailleurs

21 Mars 2018

Le gouvernement a précisé lundi 19 mars les grandes lignes de son futur projet de loi concernant la réforme de l’indemnisation des chômeurs. Au nom de la lutte contre une fraude supposée, il s’agit de présenter les chômeurs comme responsables de leur situation et d’intensifier les contrôles et les sanctions à leur encontre.

En novembre dernier, les premiers résultats sur le contrôle des chômeurs publiés par Pôle emploi avaient pourtant montré que, dans leur immense majorité, ils cherchent activement un emploi. Cela n’a pas empêché le gouvernement de poursuivre son offensive. Le projet de loi de Pénicaud, intitulé « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel », prétend être le pendant des prétendues avancées concernant les démissionnaires. Sauf que l’éventuelle indemnisation de ceux-ci est tellement restrictive qu’elle est, dans les faits, très difficile à obtenir et son montant est très limité. En revanche, l’attaque contre les chômeurs, elle, est bien réelle.

Un mois de radiation, puis deux mois, puis quatre mois avec perte des indemnités seront décidés, jusqu’à la radiation définitive, pour ne pas avoir accepté des offres d’emploi dites raisonnables. Mais qu’est-ce qu’une offre raisonnable ? Auparavant, pour un chômeur depuis moins de six mois, c’était un poste équivalent pour un salaire au moins égal à 95 % du précédent, dans la même zone géographique. Puis le chômeur se voyait dans l’obligation théorique d’accepter d’éventuelles offres moins payées et plus éloignées.

Le projet de loi précise que, demain, les conditions des offres d’emplois que le chômeur se devrait d’accepter seront négociées individuellement entre le chômeur et Pôle emploi. Enfin, le gouvernement se propose d’obliger le demandeur d’emploi à la tenue d’un journal de bord justifiant de ses recherches.

Déplorant que seuls 200 agents soient occupés actuellement au contrôle des chômeurs, la ministre du Travail et le gouvernement voudraient que, d’ici 2020, 800 agents supplémentaires soient spécialement affectés à cette tâche. À la fin 2017, c’est la même ministre qui avait annoncé sa volonté de réduire de façon importante les effectifs de Pôle emploi, ce qui avait entraîné des protestations des syndicats et des arrêts de travail.

La ministre sait très bien que sa politique ne créera pas d’emplois supplémentaires. Mois après mois, le patronat ne cesse d’alimenter le nombre de travailleurs privés d’emploi, en licenciant et en généralisant le recours aux emplois précaires de toutes sortes.

En réalité, il s’agit bien d’une guerre aux chômeurs, dont le gouvernement voudrait aggraver la situation au terme de pseudo-discussions qu’il va ouvrir avec les syndicats. Mais c’est l’ensemble du monde du travail qui est attaqué car, en renforçant la pression sur les chômeurs, Macron et ses ministres veulent aider le patronat à tirer tous les salaires vers le bas et aggraver la condition de tous les travailleurs.

Antoine FERRER