Après la SNCF, la RATP directement visée

21 Mars 2018

Depuis des années, l’ouverture du réseau RATP de bus, métro, RER à la concurrence est annoncée. Pour les dépôts et les lignes de bus, la date affichée est 2024 ou 2025.

La PDG actuelle, Catherine Guillouard, poursuit ce qu’elle appelle la préparation de l’entreprise à cette échéance. C’était déjà la politique de l’actuelle ministre des Transports, Élisabeth Borne, quand elle était elle-même PDG de la RATP.

Les conséquences de cette politique sont d’ores et déjà néfastes pour les travailleurs. La caisse maladie spécifique de la RATP, la CCAS, est en train d’être supprimée et transférée au régime général. La caisse retraite a déjà été adossée au régime général, tout en gardant des spécificités dans le calcul des pensions. Dans tous les secteurs, c’est la course à la productivité, les suppressions de postes et donc l’intensification du travail.

Certains cadres et chefs affirment que la RATP n’est pas concernée par la réforme de la SNCF. C’est le contraire de ce qu’ils disent depuis des années au personnel : « Avec l’ouverture à la concurrence, on pourrait perdre une bonne partie du réseau RATP, à moins de travailler plus pour être moins chers et concurrentiels. » La RATP est bel et bien dans le même cas de figure que la SNCF. Il est aussi prévu qu’elle soit transformée en société anonyme ouverte aux appétits des capitalistes. La RATP elle-même pourrait transférer ses salariés vers ses filiales, avec de nouveaux contrats de travail. Car tout cela vise à remettre en cause les contrats actuels de travail, l’impossibilité de procéder à des licenciements économiques, comme c’est le cas aujourd’hui sous le statut RATP, la durée du travail, l’échelle des salaires, etc.

Bien des travailleurs de la RATP ont donc compris que c’est en luttant au côté des cheminots qu’ils pourront faire dérailler le train de réformes de Macron, l’ami des patrons.

 

Correspondant LO