Accueil des migrants : le gouvernement veut cacher la misère

21 Mars 2018

Le centre de premier accueil pour migrants de la porte de la Chapelle à Paris, ouvert à l’automne 2016, va fermer ses portes début avril. Il sera remplacé par cinq centres en Île-de-France, dont trois nouveaux. Il y en aura donc un à Cergy-Pontoise, un à Ris-Orangis, un en Seine-et-Marne, un dans les Hauts-de-Seine et un dans le 18e arrondissement de Paris.

Le centre de la porte de la Chapelle, d’une capacité de 450 places, était saturé, mais ce ne sont pas les 750 places prévues qui vont résoudre la crise migratoire que connaît Paris. Autour de la porte de la Chapelle, plus de 2000 personnes errent dans l’attente d’une solution et, aux dires des autorités, 80 réfugiés arrivent chaque jour dans la capitale. Sur les quais du canal Saint-Denis, ils seraient déjà plus de mille à dormir dans des tentes dans des conditions effroyables. Un homme de 30 ans y est d’ailleurs mort le 8 mars. Il était arrivé depuis des mois du Soudan mais n’avait pas sa place dans le centre d’accueil.

Les associations d’aide aux migrants craignent que l’ouverture de ces nouveaux centres aggrave la situation. Des maraudes vont être organisées pour y emmener les migrants, mais cela va surtout les éloigner des réseaux d’aide qui se sont constitués depuis deux ans. Les réfugiés pouvaient ainsi se regrouper et être solidaires. À Ris-Orangis ou à Cergy, si leur dossier est rejeté, il leur sera certainement plus difficile d’obtenir de l’aide pour faire un recours.

Bien sûr, la situation actuelle est tout sauf satisfaisante, mais le gouvernement, en ouvrant ces 750 places, ne veut pas résoudre le problème, il veut simplement éloigner la misère de Paris, la cacher. Il veut pouvoir trier plus facilement les migrants et renvoyer ceux qui ne rentrent pas dans ses critères.

En fait, il n’est pas sûr qu’il y arrive. De nombreux migrants ne voudront pas se rendre dans ces centres parce qu’ils sont « dublinés » : leurs empreintes digitales ont été prises dans un autre pays européen et, susceptibles à tout moment d’y être renvoyés, ils tiennent à ne pas quitter Paris. Au lieu d’accueillir dignement ces migrants qui ont tant souffert, le gouvernement Macron continue à dresser des barrières devant eux. Une politique honteuse !

Aline URBAIN