Parti socialiste : l’éternel retour ?

14 Mars 2018

Les adhérents du Parti socialiste doivent élire leur secrétaire national les 15 et 29 mars. Les quatre prétendants se sont affrontés devant les caméras mercredi 7 mars, dans une indifférence à peu près générale. Pourtant ce même parti, ces mêmes hommes détenaient tous les leviers politiques en 2012 : Hollande était à l’Élysée, le PS avait la majorité des députés, des sénateurs, des présidences de conseils généraux et régionaux, des mairies des grandes villes…

Ces leviers, procurés par le vote de millions d’électeurs populaires qui attendaient d’être entendus, le PS les a utilisés au service du grand patronat. Les cadeaux aux possédants se sont multipliés, alors que les coups pleuvaient sur les classes populaires, provoquant un dégoût vite transformé en abstention aux élections et en perte de voix abyssale pour les candidats socialistes.

Mais, lors du débat, aucun des prétendants à la direction du PS n’a été capable d’énoncer ne serait-ce que la moitié de cette évidence : en servant la soupe aux milliardaires, c’est Hollande qui a préparé la défaite politique de la gauche gouvernementale. Tous restent solidaires de ce qu’a fait leur parti, si ce n’est leur président, durant la dernière période. Tous proposent de revenir aux affaires pour recommencer la même politique !

Une seule nuance les sépare. Certains se veulent en « opposition intelligente » à Macron, sous-entendant qu’ils ne refuseraient pas de participer à son gouvernement. D’autres veulent une « opposition frontale », manifestant leur volonté de faire une cure d’opposition et d’attendre que la politique de Macron rabatte encore une fois les électeurs vers le PS. Jusque-là en effet, le balancier avait toujours fini par revenir, la gauche et la droite alternant au pouvoir. Mais l’abstention croissante, la concurrence directe de Macron, la présence du FN modifient quelque peu la donne.

Avec une opposition intelligente ou frontale, avec ou sans avenir, les politiciens du PS disputent à Macron et se disputent entre eux l’honneur de servir le grand patronat, et donc de tromper et, s’il le faut, de combattre les travailleurs.

Paul GALOIS