FN : nouvel emballage, même produit nocif

14 Mars 2018

Lors de son congrès tenu à Lille le 10 mars, le Front national a cherché à renouveler son image, avant de se lancer dans les élections à venir.

La proposition d’un nouveau nom, l’éviction de Jean-Marie Le Pen : il y a bien une volonté de ravaler la façade du parti. Pour autant, le parti de Marine Le Pen n’a pas l’intention d’en rabattre sur sa démagogie nationaliste et raciste. En atteste la présence de Stephen Bannon, homme d’affaires et conseiller de Trump pendant sa campagne et pendant les premiers mois de sa présidence, qui a fini par être écarté de la Maison-Blanche car trop raciste. Il a encouragé les assistants du congrès à assumer d’être traités de racistes et de xénophobes.

Tout en continuant à jouer la carte du patriotisme, du protectionnisme et de la priorité nationale, Le Pen voudrait attirer à elle des pans de la droite classique, qu’elle a dépassée dans les urnes aux élections présidentielles. Il est certain que bien peu de choses différencient un Wauquiez ou un Estrosi des amis de Le Pen. Parviendra-t-elle à rassembler sous sa bannière davantage de politiciens de ce genre et de patrons, afin d’accéder aux places de pouvoir ?

En attendant, le FN représente déjà une menace. Il a rassemblé 10,6 millions de voix au deuxième tour de l’élection présidentielle, augmentant entre les deux tours de trois millions de voix. Une partie de ses électeurs vient des classes populaires ; ce sont des travailleurs attaqués par les patrons et les gouvernements à leur service, qui ont cru que Le Pen parlait pour eux. Pour l’avenir, le FN peut être sûr que la politique de Macron, qui fait la guerre aux travailleurs, aggrave le chômage et la pauvreté, va continuer à fournir une base à sa démagogie et alimenter ses possibilités de capter l’écœurement d’une partie des classes populaires.

Mais Le Pen, si elle arrivait au pouvoir, servirait les intérêts de la bourgeoisie, des riches, des grands patrons, avec la même détermination que les autres partis de gouvernement, PS, LR, ou LREM. Elle aussi ferait payer les travailleurs et les classes populaires, tout en épargnant les possédants. Mais en plus, elle s’acharnerait sur les travailleurs immigrés.

Le poison chauvin répandu par le FN sert à diviser. En faisant du travailleur détaché, du migrant, de l’étranger, le bouc émissaire, il veut détourner les travailleurs des vrais responsables que sont les capitalistes. Cela peut aboutir à diminuer leurs capacités à se défendre tous ensemble contre les attaques qui les visent. Les travailleurs ont tout à perdre à se fier à ces démagogues sans scrupules qui sont des ennemis mortels.

Gaëlle Regent