Échos de la mobilisation

14 Mars 2018

Au triage de Trappes

Depuis des semaines, sur le triage de Trappes, l’ambiance est à la discussion.

Ainsi, le mardi 13 mars, une heure d’information syndicale organisée par la CGT du site a réuni plus de 90 personnes, venues des différents secteurs du Matériel. C’était du jamais vu ! En plus de l’inquiétude générale, la présence de Laurent Brun, secrétaire de la fédération CGT des cheminots, et d’un cheminot syndicaliste suédois, invité pour parler de la privatisation dans ce pays et de ses conséquences, a contribué à la réussite de cette réunion.

La situation en Suède est assez similaire à ce que le gouvernement Macron voudrait mettre en application ici : hausse de 27 % des tarifs des billets, disparition des facilités de circulation pour les cheminots, et surtout inquiétude de perdre son emploi à chaque appel d’offres.

Il a ensuite été question du 22 mars et de la suite. Les travailleurs présents jugent la grève indispensable, et la discussion a porté sur la forme qu’elle pourrait prendre : reconductible, par service, par périodes de 24 ou 48 heures ? Cela a été l’occasion d’échanger des idées sur l’organisation de la grève, le contrôle des représentants, ou encore sur la meilleure façon de gagner l’opinion publique.

La direction voudrait nous diviser service par service et nous mettre dans des cases. Les militants et travailleurs ont eu le sentiment de nouer des liens importants pour l’avenir.

En Alsace

Le rapport Spinetta suscite beaucoup de discussions et de nombreuses réactions d’hostilité. D’autant qu’en Alsace, une des régions du pays réputées pour la ponctualité des trains, 800 trains ont été supprimés en 2017… faute de personnel roulant, conducteur ou contrôleur !

La grève s’annonce très suivie le 22 : les places prises par les syndicats pour se rendre à la manifestation parisienne s’avèrent déjà insuffisantes.

À Orléans Les Aubrais

De l’avis de presque tous, il faut que la mobilisation du 22 mars soit la plus massive possible. Et cela dépasse les agents d’exécution : beaucoup d’agents de maîtrise et de cadres de terrain expriment aussi leur intention de riposter ce jour-là.

Des employés du nettoyage, sous-traitants, discutent avec des cheminots de ce qu’ils peuvent faire : venir à la manifestation, faire grève. Ils témoignent de leur conditions de travail en gare d’Orléans : « On nettoie sur les voies, sans lumière, sans matériel, parfois seuls, il arrive qu’on se fasse agresser. »

La riposte qui se prépare est aussi la leur.

Correspondants LO