Ofpra : en grève contre le projet de loi Collomb

28 Février 2018

Une partie des employés de l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) étaient en grève le 21 février, le jour de la présentation du projet de loi Collomb qui vise à criminaliser encore plus les migrants et à les dissuader de venir en France. Ils se joignaient à la grève qui était déjà en cours à la CNDA (Cour nationale du droit d’asile).

L’Ofpra est l’instance qui instruit les demandes d’asile des migrants et décide de leur accorder ou non le statut de réfugiés, théoriquement en fonction de la convention de Genève de 1951. L’an dernier, 100 000 demandes ont été faites, et seulement un gros tiers des décisions rendues étaient positives.

Les obstacles auxquels sont confrontés les demandeurs sont nombreux. Pour les franchir, il faut apprendre très vite les étapes de la procédure et les délais. La demande d’asile doit être rédigée en français, alors que les demandeurs sont nombreux à ne pas le maîtriser, sans parler de la peur qu’inspire le passage obligé en préfecture.

Pour instruire les dossiers, les agents de l’Ofpra doivent faire des recherches sur la situation d’origine du demandeur d’asile et prendre soin d’étudier leurs récits. C’est tout cela que le projet de loi de Collomb vise à rendre quasi impossible. Une mesure du texte réduit de 1 mois à 15 jours la procédure pour les migrants n’ayant pas déposé leur demande dans les 90 jours suivant leur entrée en France, ceux qui ont utilisé un nom d’emprunt ou ceux qui viennent de pays considérés comme sûrs. Cela concerne près de la moitié des demandes d’asile. Mais ce délai de 15 jours est intenable. Il est vécu par de nombreux agents comme la mise en place d’une justice expéditive, d’autant que le projet de loi prévoit de réduire également à 15 jours le délai du recours auprès de la CNDA.

Toutes ces mesures ne pourront qu’aggraver l’arbitraire et l’injustice de ce que vivent ces hommes et ces femmes qui fuient des pays où ils ne peuvent pas vivre. Elles n’ont qu’un seul but : les dissuader de demander l’asile, les forcer à la clandestinité et à l’expulsion. Les agents de l’Ofpra qui ont fait grève ont voulu montrer qu’ils n’acceptent pas cette inhumanité.

Thomas Baumer