Hospices civils de Lyon : un mois de grève aux Urgences

28 Février 2018

La grève des soignants des Urgences se poursuit dans deux hôpitaux des HCL à Lyon. Ceux de l’hôpital Lyon Sud ont démarré le 22 janvier, suivis par ceux de l’hôpital Édouard-Herriot (HEH) le 2 février. Ce qu’ils veulent, c’est pouvoir soigner dignement les patients avec plus d’effectifs et de matériel.

Même pendant la période des congés scolaires, où ils étaient moins nombreux, les grévistes sont restés mobilisés. Ils sont soutenus par la CGT, la CFDT et FO, mais ce sont eux qui décident et organisent leur grève.

Ils sont assignés la plupart du temps, et doivent donc travailler. Aussi, pour rendre visible leur grève, les agents reviennent sur leurs repos et sont tous très actifs.

À HEH, ils sont environ 130 entre les deux services d’Urgences et, avant les congés, ils se retrouvaient à une quarantaine dans les assemblées générales qui avaient lieu tous les deux ou trois jours, venus par roulement à cause du travail. Elles ont continué pendant les congés scolaires, en étant moins nombreux.

Dans ces assemblées, les grévistes votent, reconduisent la grève et décident des actions. Ils se sont réparti les tâches : contacter la presse, préparer les actions, en faire les comptes-rendus ainsi que ceux des rencontres avec la direction, rédiger les tracts. D’autres s’occupent des banderoles, ce qui n’est pas une mince affaire car la direction les fait enlever tous les jours. En effet son image de marque en prend un coup, elle qui affiche à l’entrée de l’hôpital « Se mobiliser pour mieux accueillir et soigner », alors que les grévistes répondent : « Maltraitance institutionnelle, bientraitance en sommeil ».

Les grévistes se retrouvent avec ceux de Lyon Sud pour des rassemblements, comme mardi 20 février devant le siège de la direction des HCL. Là, ils ont brûlé la Charte du patient, jugeant ne pas pouvoir la respecter faute de personnel en nombre suffisant.

Le fait que les patients soient accueillis dans de telles conditions n’a pas l’air de déranger la direction des HCL. Pour l’hôpital Lyon Sud, la direction ne lâche qu’un poste d’aide-soignant, ce qui serait une petite amélioration, bien qu’insuffisante.

À HEH, lors de la rencontre avec la direction lundi 26 février, celle-ci ne proposait toujours que 3,8 postes de brancardiers sur les neuf demandés. La délégation de grévistes a dénoncé le manque de lits de dégagement, racontant que chaque week-end au moins ils sont obligés de transformer une partie de l’accueil des Urgences en service d’hospitalisation, avec des soignants rappelés sur leurs repos. Ils demandent aussi la titularisation de tous les contractuels. Mais la direction propose, sur l’ensemble de l’hôpital, de passer seulement de 40 à 60 mises en stage. Aussi, l’assemblée générale qui a suivi a reconduit la grève.

Mardi 27 février, une délégation de toutes les Urgences en grève, Lyon Sud et HEH, a participé à la manifestation organisée par la CGT et SUD avec les EHPAD et l’Action sociale. Et une autre action est proposée pour samedi, pour dénoncer auprès de la population les conditions d’accueil des patients.

Correspondant LO