Grande-Bretagne : le chemin de fer privatisé, vache à lait des capitalistes

28 Février 2018

Le gouvernement Macron ose prétendre que la privatisation des chemins de fer dans les autres pays a été bénéfique. L’exemple de la Grande-Bretagne montre exactement l’inverse.

Depuis la privatisation de 26 lignes de voyageurs, les prix des billets ont augmenté en moyenne de 23 % en valeur réelle (déduction faite de l’inflation). Actuellement, un banlieusard londonien habitant à 50 km de son travail dépense chaque mois 13 % du salaire moyen pour payer son transport. Pour une distance équivalente, les chiffres correspondants sont de 2 % en France, 3 % en Italie, 4 % en Allemagne et 5 % en Espagne.

La subvention globale de l’État aux chemins de fer privatisés s’élève à environ 4,6 milliards d’euros, 50 % de plus qu’avant la privatisation en valeur réelle. Ce chiffre comprend les dépenses d’infrastructure. Les dividendes payés par les compagnies privatisées à leurs actionnaires représentent environ un tiers des subventions qu’elles reçoivent de l’État. Autrement dit, ce sont les fonds publics qui paient les dividendes.

Voici pour finir un exemple de « l’efficacité » du réseau anglais privatisé : en 2017, la Southern Rail, en partie administrée par l’entreprise française Keolis, a enregistré 101 000 retards ou annulations sur un total de 242 000 trajets pour l’ensemble du pays, toutes lignes confondues. Il s’agit là du chiffre le plus élevé depuis la privatisation.

Cadeaux aux capitalistes et désorganisation du secteur, voici le triste bilan de la privatisation en Grande-Bretagne.

Ariane Zahar