Droit des femmes : le combat doit continuer

21 Février 2018

Mardi 20 février, Libération publiait les témoignages de 16 femmes victimes de harcèlement et, pour certaines, d’agressions sexuelles et de viols de la part de membres dirigeants de l’Unef, le syndicat étudiant.

On y retrouve la description des mêmes comportements crasseux que ceux dénoncés depuis l’affaire Weinstein dans les milieux du cinéma, du spectacle, de la presse, dans des partis, des syndicats, dans des entreprises, partout ! Des comportements dégradants, humiliants, violents commis par des hommes convaincus de leur droit à exercer leur mainmise sur les femmes parce qu’ils ont le pouvoir, parce qu’ils décident et se sentent donc les maîtres à qui les femmes appartiennent.

Certains témoignages racontent comment des victimes ont dénoncé auprès de camarades les abus sexuels qu’elles ont subis. Pour réponse, ces victimes ont eu, au mieux, des silences, puis le temps est passé sans qu’aucune mesure ne soit prise contre des prédateurs pourtant identifiés. L’une, qui a osé se rendre au commissariat afin de porter plainte pour viol, a eu pour réponse une blague graveleuse et l’humiliation supplémentaire infligées par le policier filtrant les entrées.

Les comportements machistes, les relations de domination des hommes sur les femmes font malheureusement partie de la société et sont très souvent acceptés, tout comme l’exploitation quotidienne des salariés par leur patron finit par être considérée comme une chose naturelle.

Il a fallu des décennies avant que des actrices d’Hollywood osent dénoncer les agressions sexuelles dont elles étaient victimes, car elles craignaient de perdre la tête d’affiche, les contrats et la situation sociale qui vont avec.

Au sein de l’Unef, un syndicat étudiant où les enjeux étaient bien moindres, ils étaient donc tout de même suffisants pour que des jeunes femmes ayant accès au savoir et à la culture plient sous la domination de petits coqs imbus de leur pouvoir.

On apprend aussi maintenant que dans des ONG comme Oxfam et comme d’autres, des responsables profitaient de la misère ambiante pour abuser de très jeunes femmes.

Tout cela en dit long sur les comportements sexistes existant, des comportements qu’on ne peut séparer des rapports de domination et de pouvoir, des hiérarchies qu’une société d’exploitation ne cesse de secréter, d’entretenir et de renforcer.

Cela dit aussi combien il est nécessaire de continuer à lutter contre le sexisme, contre les violences faites aux femmes et contre la société d’exploitation qui fabrique cette situation.

Sophie GARGAN