Aliments contaminés : le mildiou capitaliste

21 Février 2018

En compilant les rapports des organismes officiels, l’association Générations Futures a montré que la plupart des fruits et légumes proposés à la vente contiennent des résidus de pesticides.

Il n’y a pas de quoi étonner. On ne voit pas en effet comment, dans l’état actuel de l’agriculture, on pourrait produire la quantité de végétaux mis sur le marché sans utiliser de pesticides, c’est-à-dire de produits les protégeant des maladies et des insectes. On ne voit pas non plus comment ces pesticides pourraient disparaître entre le champ, ou la serre, et le supermarché.

La population avale donc des pesticides, en quantités inconnues, aux effets non étudiés, en les mélangeant sans le savoir, et elle le fait du berceau à la tombe. Il serait évidemment indispensable de se pencher sérieusement sur les risques encourus… mais à qui faire confiance pour mener cette étude ?

Il n’y a évidemment aucune raison de croire les capitalistes de l’agriculture et de la chimie lorsqu’ils prétendent qu’il suffit de bien laver leurs salades. De la vache folle au lait contaminé, ils ont suffisamment démontré qu’ils étaient prêts à sacrifier la santé publique dans leur course au profit.

Mais on reste aussi dubitatif devant les promesses de l’agriculture dite biologique. Le bio a depuis longtemps quitté les fermes du Larzac pour devenir une façon comme une autre de faire du profit. Les mêmes causes créant les mêmes mensonges, on trouve aussi des résidus de pesticides sur des légumes bio. Quant à ceux qui ne peuvent pas se payer de légumes bio, voire même pas se payer de légumes frais, ils n’ont que le droit d’assister aux débats en mangeant des pâtes… elles-mêmes produites à partir de céréales probablement traitées aux pesticides.

Et, surtout, la vraie question est : comment faire pour nourrir sept milliards d’êtres humains correctement et durablement, sans nuire à leur santé ni à celle de la planète ? En tout cas ce ne sera certainement pas en laissant le pouvoir aux capitalistes, fussent-ils repeints du plus beau vert.

Paul GALOIS