Transports : engorgement annoncé à Saclay

14 Février 2018

Les chutes de neige du début février ont mis en évidence les difficultés d’accès du plateau de Saclay, dans l’Essonne. La circulation des bus et des voitures étant devenue périlleuse, certaines entreprises et universités du plateau ont fermé plusieurs jours. Cependant, les galères des salariés et étudiants travaillant sur ce site ont lieu en toutes saisons.

Cela fait dix ans que l’État a initié la construction du campus de Paris-Saclay, à 20 km au sud de Paris. Au motif de rivaliser avec les prestigieuses universités américaines et la Silicon Valley, les gouvernements successifs ont décidé le regroupement, en plus de ceux déjà présents comme le CEA ou l’Université Paris-Sud, de nombreux établissements de recherches et d’enseignement. Bien sûr, ils n’ont cessé dans le même temps de diminuer les budgets de la recherche et de l’enseignement. Il apparaît de plus en plus que le développement des transports en commun n’est pas du tout à la hauteur des besoins.

Actuellement, la ligne de RER la plus proche est la ligne B, avec ses pannes et retards réguliers, et il faut ensuite prendre un bus pour rejoindre le plateau. La principale ligne, le 91.06 au départ de Massy, est déjà saturée et le matin il faut généralement laisser partir un bus plein avant de réussir à monter dans le suivant, pour y rester 15, 20, 30 minutes entassés.

L’accès en voiture demande également des trésors de patience avec les embouteillages sur la N118 et les bouchons aux différentes arrivées sur le plateau. La fatigue et le stress en résultant s’accroissent pour tout le monde, avec la perspective de voir les choses empirer à court terme : en effet, après l’arrivée l’an dernier du centre de recherches d’EDF et de l’École centrale, les travaux sont en cours pour la construction de l’École normale, qui quittera bientôt Cachan pour Saclay.

Par ailleurs il est de plus en plus clair que la ligne 18 du Grand Paris Express, censée relier Saclay à Orly et à Versailles, ne verra pas le jour avant 2028 ou 2030 ! L’évolution vers l’engorgement du site est telle qu’un collectif de scientifiques connus a tiré la sonnette d’alarme dans une récente tribune au journal Le Monde.

Les pouvoirs publics laissent apparaître là leur mépris pour les conditions de vie des salariés et étudiants, alors qu’ils sont si impatients lorsqu’il s’agit de faire de la communication autour de projets ronflants et d’offrir au passage des contrats en or aux entreprises du BTP.

Correspondant LO