Sans-abri : on meurt toujours dans la rue !14/02/20182018Journal/medias/journalnumero/images/2018/02/2585.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Sans-abri : on meurt toujours dans la rue !

Une femme de 52 ans, à la rue depuis trois ans, est morte à Paris, dans la nuit du 11 février. Combien de sans-abri ne se relèvent pas d’une énième nuit passée dehors ? Dans la capitale, ces six dernières semaines, onze personnes sans domicile sont mortes.

D’après le collectif Les Morts de la rue, environ 500 personnes SDF meurent chaque année dans le pays. Et dans la rue on meurt jeune : autour de 50 ans, soit trente ans avant la moyenne nationale. Le président du collectif, Nicolas Clément, explique : « Ce qui tue, et c’est pour ça qu’il faut une pérennisation des hébergements sur toute l’année, c’est l’usure, c’est cette vie qui est vraiment dure. Quelqu’un qui est hébergé, même quand il a eu un parcours de rue long, dur, retrouve une forme de sécurité et du coup survit beaucoup plus longtemps ».

Oui, quelles que soient les températures ou les intempéries, avoir un toit est nécessaire pour survivre. Et c’est bien là le problème : sans même parler de stabilité, les places d’hébergement manquent, malgré les prétentions des représentants du gouvernement et des pouvoirs publics, qui ont uni leurs voix, soit pour minorer le nombre de sans-abri, soit pour expliquer que ceux qui restent dehors le font par choix.

Le Samu social de Paris explique que sur 6 000 appels quotidiens au 115, seuls 1 500 sont traités ! La Fondation Abbé Pierre rappelle que pour répondre au problème du logement en Île-de-France et sortir les sans-abri de la rue, il faudrait construire 70 000 logements par an entre 2010 et 2030, dont la moitié en logements sociaux. Ce ne sont pas les 13 000 hébergements provisoires dont le gouvernement est si fier qui répondront au problème.

À Paris, la maire, Anne Hidalgo met en avant « la nuit de la solidarité » organisée pour recenser les sans-abri dans la capitale. L’initiative recueille un soutien prudent du côté des associations, à l’image de Christophe Robert, le délégué général de la Fondation Abbé Pierre qui commente : « Si ça ne donne pas lieu à des réponses quantitatives et qualitatives d’hébergement, alors ce sera juste un bon coup de com’ »… Il y a malheureusement fort à parier que la deuxième hypothèse soit la plus réaliste.

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