Renault – Flins : laisse tomber la neige !

14 Février 2018

Mardi 6 février, une chute de neige abondante était annoncée sur toute la région parisienne en milieu d’après-midi. La préfecture avait conseillé d’anticiper les heures de sortie pour faciliter le retour des travailleurs à leur domicile et limiter les problèmes de circulation. À l’usine Renault de Flins, dans les Yvelines, la direction n’en a pas moins tout fait pour faire travailler l’équipe d’après-midi jusqu’au dernier moment.

Qu’il neige ou pas, qu’il y ait des bouchons sur toutes les routes autour de l’usine, qu’il y ait du verglas, pour la direction, il faut que la production sorte coûte que coûte.

À 17 h 30 encore, très sûre d’elle, elle disait avoir la situation en main et avoir même décidé de faire venir plus tôt les cars ramenant les travailleurs chez eux. Mais une heure plus tard, elle faisait savoir que les cars étaient bloqués par la neige et le verglas dans les dépôts et qu’aucun ne pouvait venir à l’usine. Il fallait donc se débrouiller pour rentrer chez soi quitte à prendre le train... qui ne circulait pas ! Or, beaucoup de travailleurs habitent à Dreux, à Évreux, ou dans de petits villages de Normandie éloignés des grands axes routiers.

Du coup, la colère est montée d’un cran. Les chefs maintenaient la pression pour que personne ne quitte la chaîne, craignant qu’un départ, même d’un petit groupe de travailleurs, fasse… boule de neige dans tous les ateliers. C’est une rupture d’approvisionnement de pièces qui finalement a décidé la direction à arrêter la chaîne. En quelques minutes, les travailleurs ont planté là les chefs et se sont dirigés vers la sortie !

Les deux jours suivants, la neige et le verglas étaient toujours là et il valait mieux rester chez soi que se risquer à venir travailler. La direction continuait cependant à diffuser sur son numéro vert une météo rassurante, y compris vendredi 9 février où, selon elle, les chutes de neige devaient cesser à 13 heures. Mais à cette heure-là, il neigeait de plus belle et à des dizaines de kilomètres de l’usine, les routes étaient impraticables.

La direction a tout de même essayé de faire venir une cinquantaine de travailleurs de l’atelier des Presses à celui du Montage pour acheminer des pièces au bord des chaînes, pièces qui normalement devaient être livrées par camions. Ces travailleurs se sont rassemblés et ont décidé de ne pas suivre la direction, en débrayant tous ensemble. Finalement, ce sont des cadres qui ont acheminé les pièces le long de la chaîne.

Ce n’est pas la neige qui a jeté un froid entre les travailleurs et la direction mais bien sa volonté de sortir la production à tout prix, quitte à leur faire prendre des risques qui auraient pu être lourds de conséquences.

Correspondant LO