PSA Peugeot Citroën – Poissy : la production avant la sécurité

14 Février 2018

Avec l’épisode neigeux en Île-de-France, la direction de PSA-Poissy a fait monter le mécontentement dans les trois équipes de production, montrant, par sa gestion des intempéries, son incompétence et surtout son irresponsabilité.

Mardi 6 février, alors que la direction savait dès 13 heures par la préfecture que la circulation allait se compliquer énormément au fil de la journée et que les bus qui ramènent les salariés chez eux ne pourraient pas circuler, elle n’a prévenu ceux-ci qu’à partir de 18 h 30.

Volontairement, la direction a fait tourner les chaînes de production jusqu’au dernier moment. Elle n’a autorisé un départ anticipé qu’à 19 heures au lieu de 20 h 12, laissant les travailleurs se débrouiller pour rentrer chez eux. Plusieurs dizaines d’entre eux, qui habitent à plus de 50 kilomètres, se sont retrouvés sans aucun moyen de transport.

La solidarité ouvrière a pallié l’incompétence de la direction. Les travailleurs ont organisé des covoiturages, d’autres ont hébergé pour la nuit des collègues pris au piège.

Une ouvrière est restée coincée sans aucune solution. Au lieu de lui payer l’hôtel, la direction l’a fait dormir à l’infirmerie. Le quota de voitures avait été quasiment fait, c’était l’essentiel !

La direction a ensuite ajouté à l’incompétence une grande irresponsabilité, en refusant d’annuler l’équipe de nuit qui devait commencer à 22 h 09, c’est-à-dire au moment où toute la région était paralysée.

Plus de 30 % des travailleurs ne sont pas arrivés à l’usine et ont dû rebrousser chemin. Par chance, on ne compte aucun accident de la route. La production a évidemment tourné au ralenti avec plusieurs dizaines de voitures sorties sans pare-choc ou sans roue, allant directement en retouche car les camions de pièces étaient à l’arrêt.

La direction a refusé de payer la nuit de ceux qui n’ont pas pu venir travailler. Tout au plus accepte-t-elle de ne pas les compter en absence injustifiée et leur permet-elle de ne pas perdre une journée de salaire en les autorisant à poser une journée de congé.

Et après une nuit de travail, ceux du Montage ont dû reprendre la voiture à 5 h 30 du matin car le directeur de ce bâtiment, contrairement à ceux d’autres secteurs, a refusé tout départ anticipé.

Vendredi 9 février, c’est l’équipe du matin qui a fait les frais de la politique de la direction. Dès 9 h 30, celle-ci avait été informée que toutes les lignes de bus étaient de nouveau annulées à cause d’une importante nouvelle chute de neige. Ce n’est qu’à 11 h 30 que la direction a prévenu les salariés en autorisant un départ anticipé à midi au lieu de 12 h 51.

Cette direction se croit tout permis, y compris de jouer avec la sécurité des salariés, et a montré que la production de voitures, dont les ventes augmentent chaque mois, était son seul objectif. Elle ne fait que donner des arguments aux travailleurs de l’usine pour se mobiliser afin de se faire respecter et imposer leurs règles face à une direction arrogante et irresponsable.

Correspondant LO