Mineurs étrangers : dehors en pleine vague de froid

14 Février 2018

Jeudi 8 février, trois avocats parisiens ont écrit au procureur de Paris François Molins et au Parquet chargé des mineurs pour dénoncer la situation de mineurs étrangers contraints de dormir dans la rue à Paris en pleine vague de froid. Ils ont fourni une liste nominative de 128 jeunes, tout en soulignant bien que d’autres n’ont pu être recensés.

La loi prévoit pourtant que l’État doit prendre en charge ces mineurs étrangers arrivés en France seuls, sans aucune famille. Mais encore faut-il qu’ils soient reconnus mineurs. À Paris, c’est le Demie (Dispositif d’évaluation des mineurs isolés étrangers), géré par la Croix-Rouge sur délégation de la mairie de Paris, qui est chargé d’évaluer leur âge. Mais Catherine Delanoë-Daoud, une des avocates, déclare dans une interview que le Demie refuse « au faciès » environ 70 % des jeunes, sans les recevoir, ni suivre la procédure d’évaluation. Ils sont rejetés, et on leur donne un papier sur lequel est écrit : « Appelez le 115 ». Sauf que le Samu social ne prend pas en charge les mineurs, et ces jeunes ne sont reconnus ni comme mineurs ni comme majeurs.

Le procureur de Paris a répondu à la demande des avocats que tant qu’ils ne sont pas reconnus mineurs, il ne peut rien faire. Gérard Collomb, le ministre de l’Intérieur, a osé prétendre qu’il n’y aurait pas de mineurs à la rue, sauf ceux « qui refusent d’être pris en charge ». Même le déclenchement du plan grand froid n’a pas apporté de solution pour ces jeunes, car les places d’hébergements supplémentaires n’étaient destinées qu’aux majeurs.

En attendant, pendant les jours les plus froids, des militants associatifs ont mis en place un rendez-vous journalier pour que des Parisiens volontaires hébergent des jeunes directement chez eux. Une solidarité réconfortante, face à l’inaction des autorités.

Hélène COMTE